Cyberdépendance :quand le monde virtuel empiète sur la réalité

A Bobo-Dioulasso, les téléphones portables ont le vent en poupe, captivant les regards et les esprits des jeunes. Mais derrière cet écran lumineux se cache une réalité : celle d’une dépendance croissante.

 

La cyberdépendance ou l’addiction de la technologie est un problème de plus en plus préoccupant dans notre société hyper connecté. Elle se manifeste par l’utilisation excessive et compulsive de la technologie numérique, ce qui entraîne des conséquences néfastes sur les relations sociales.  En effet, le temps que l’on attribuait à nos proches au moment des causeries, dans le but de nouer des relations sociales sont impactées de nos jours par l’utilisation excessive de nos téléphones. Difficile de voir des jeunes en train de causer au grin autour du thé, sans voir leurs têtes baissées. Têtes baissées pourquoi ? sans doute la manipulation de leurs téléphones, surtout si ces derniers sont connectés à internet. De nos jours, plusieurs familles ont accès à la connexion Wifi. De ce fait dans certaines d’entre elles, difficile de partager de bons moments ensemble sans le numérique. Par exemple, lorsqu’on décide de rendre visite à certaine famille, après les salutations d’usage, chacun est concentrer sur son téléphone, étant à coup sûr sur les réseaux sociaux. Des fois, ces personnes te donnent accès à leur Wifi pour faire comme eux. Le numérique a pris le dessus. Difficile pour certaines personnes d’aller rendre visite à leurs proches. L’on préfère s’envoyer messages vocaux au lieu de se déplacer. Difficile également pour certains de passer une journée sans se connecter au monde virtuel. C’est le cas de Charles DAMGOU qui s’exprime sur le sujet. Il dit que « j’entretiens avec mon téléphone une forme de dépendance comportementale qui s’apparente à une addiction affective numérique. Je sollicite constamment mon appareil, non pas uniquement pour des raisons fonctionnelles, mais comme un régulateur émotionnel. Lorsque je ne l’ai pas à ma portée, je ressens un vide psychique proche du syndrome de sevrage : anxiété diffuse, sensation de manque, voire agitation. Mon téléphone devient ainsi un objet transitionnel un refuge contre l’ennui ou l’insécurité émotionnelle, ce qui traduit une perte progressive de maîtrise du temps d’écran », a-t-il expliqué. Également dans ses propos il ajoute que « mon entourage me fait parfois des reproches, mais le véritable déclic vient surtout de moi-même. Je prends conscience des heures perdues, de la procrastination que cela alimente, et des impacts directs sur mon développement personnel, ma concentration ou même ma santé. C’est un usage paradoxal », a-t-il fait savoir.  Par ailleurs, il laisse entendre que le téléphone peut être aussi un outil de travail rentable, mais mal utilisé, il devient vite un frein invisible à l’avancement.  Laure Zongo une étudiante et créatrice de contenu nous explique que « franchement, je passe presque tout mon temps sur mon téléphone. À part les heures où je dors, je peux dire que je suis connectée environ 18 à 19 heures par jour. Je crée du contenu, je regarde ce que les autres font, je réponds aux messages, je cherche des idées… donc je suis presque tout le temps en ligne. En réalité, l’utilisation du numérique nous isole du monde réel parce qu’on oublie la vraie vie autour de nous. Donc il faut apprendre à bien gérer, à garder l’équilibre entre le virtuel et la réalité », nous conseil-t-elle.

Il faut trouver une solution

La cyberdépendance est un phénomène complexe qui entraîne des conséquences néfastes sur les relations sociales. De nos jours, cet état des faits nécessite urgemment une prise de conscience et une prise en charge adaptée. Une des solutions serait d’œuvrer à une large sensibilisation et a une éducation sur l’usage de cette technologie qui est certes vitale. Ainsi, il est essentiel de trouver un équilibre entre le monde virtuel et la réalité, de privilégier les interactions sociales réelles en vue de se protéger soi-même en particulier et la société en générale. Le gouvernement doit mettre en place des lois qui protègent les jeunes de la surconsommation numérique. Ils doivent faire et ou intensifier les campagnes de sensibilisation nationales sur les risques de l’addiction numérique.

Yelli Raïssa KAM

Angèle COULIBALY/Stagiaires