Entretien à bâton rompu avec Claver Yaméogo : Vérités et positions d’un pasteur politicien

De passage à Bobo-Dioulasso, Claver Yaméogo, homme politique burkinabé et pasteur, s’est prêté à nos questions sur divers sujets. Entretien.

La politique est un jeu et ce code de bonne conduite nous permettra d’aller à des élections apaisées

On ne vous présente plus, Claver Yaméogo. Peut-on savoir la raison de votre présence ces jours-ci à Bobo-Dioulasso ?

Je suis (actuellement) le président du MRP qui appartient à (l’APMP) l’Alliance des partis de la mouvance présidentielle. Je suis aussi le président de l’Alliance Vision Paix (AVP) qui regroupe dix partis politiques. Un panel est organisé à Bobo-Dioulasso par l’UCAP qui a envoyé une invitation au coordinateur de l’APMP Clément Sawadogo qui m’a désigné pour le représenter à ce panel. C’est la raison de ma visite à Bobo-Dioulasso.

Vous pouvez nous faire l’économie de votre intervention au cours de ce panel ?

On nous a demandé de discuter et d’échanger sur la communication qui devait porter sur  l’apport des partis politiques aux communicateurs et aux hommes de médias pour des élections apaisées. Donc, je suis parti premièrement sur le fait d’éviter la discrimination lors de la couverture médiatique sur le plan politique. Car, cela peut être source de frustration. Ensuite, il faut prendre le travail des communicateurs au sérieux parce qu’en le faisant avec intégrité on peut aller très loin. J’ai fini par dire que les partis doivent avoir une ligne de bonne conduite. La politique est un jeu et ce code de bonne conduite nous permettra d’aller à des élections apaisées. Ces règles doivent être respectées par tous les partis politiques. C’est à l’opposition et à la majorité de faire le jeu.

Est-ce que vous pensez que le message est vraiment passé, vu la situation actuelle du pays ?

Les journalistes ont compris et leur rôle est de relayer l’information. C’est vrai que le pays traverse une crise sécuritaire et sanitaire grave. Est-ce que nous devons refuser d’aller aux élections parce nous sommes frappés par le terrorisme ? Non ! Notre pays, le Burkina Faso, doit continuer de vivre comme le vent et la marée. Nous devons résister. Quelle que soit la durée de la nuit, le jour finira par se lever. Nous trouverons la solution un jour pour la sécurité et la  quiétude dans notre beau pays. Mais, nous devons véhiculer ce message d’espoir et de paix et être aux côtés de ces populations qui souffrent et qui sont dans le désespoir.

Vous avez parlé de prendre des mesures de repentance et d’humilité contre les fautes collectives.  Vous craignez la malédiction sur le pays ou sur les auteurs de ces fautes graves ?

Je crains la malédiction sur le pays à cause de l’acte posé, parce que le sang des innocents crie à Dieu. Celui qui est à la tête du pays doit s’entourer des hommes spirituels qui ont la révélation et dire que doit-on faire ? Et enfin on trouvera la solution.

Expliquez nous un peu votre engagement dans la politique. Un pasteur qui crée un parti politique ?

La jeunesse a perdu l’espoir. Il faut lui redonner cet espoir pour retrouver de nouvelles valeurs. C’est cela que je veux apporter à la jeunesse. Si tu ne fais pas la politique, la politique te ferra et en plus la politique n’est pas un pêché.  La politique, c’est pour prendre part à la gestion du pays.

Aux prochaines élections, vous faites partie de la mouvance présidentielle. Avez-vous la perspective de vous présenter un jour comme candidat à une élection pour devenir président du Faso ?

On va étape par étape. Dans la vie,  même si un enfant doit gagner le marathon, il nait bébé d’abord, après on lui apprend à faire quatre pattes, ensuite on lui apprend à marcher et à courir. Quand on voit ses aptitudes qu’il doit être bon au cent mètres, on le met et il gagne.

Sibiri SANOU

Retranscription Ben DAO/Stagiaire

 

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