Fait de chez nous : Félix meurt par déception (suite)

Une journée pénible pour le vieux Félix qui, dans l’impatience et dans l’angoisse, a espéré le retour de son fils jusqu’au crépuscule. C’est tard dans la nuit que ce dernier débarque et vient baratiner son géniteur avec une histoire de voyage surprise pour une affaire devant profiter à la famille. «De toute façon, l’essentiel est que tu sois revenu. Tu m’as fait trop peur. J’ai reporté pour demain le retrait de l’argent-là », propos de Félix.

Le péché de Félix est qu’il a négligé l’inscription de ses enfants à l’école, sauf le seul garçon qui a suivi trois années seulement les cours qu’il a abandonnés. Chose qui justifie le découragement du vieux à «jeter» son argent dans l’école encore. Ceci étant, aucun de la famille ne peut vérifier si le carnet du compte est à jour ou pas. Seul le garçon traitre, a la position. Ne sachant plus comment dribler le papa qui a dormi dans le canapé devant sa porte toute la nuit pour surveiller les mouvements de son garçon, tôt le matin, ce dernier profite du lap de temps que son père a pris pour se débarbouiller, et va remettre le carnet à une de ses petites sœurs et lui explique d’accompagner leur papa en banque pour retirer de l’argent. Il remet la clé de sa moto à sa sœur qui doit amener Félix, car lui-même doit rencontrer un ami qui veut aider la famille pour un autre projet. Mensonge !

Félix est prêt dans ses habits de fête avec un sac noir en cotonnade pour se rendre en banque. Ignorant toujours l’absence de son fils, il crie pour l’appeler afin de ne pas arriver après l’heure. C’est en ce moment que sa fille lui explique l’avis de son frère qui est déjà sorti. Comme celle-ci tient le carnet d’épargne en main, Félix ne trouve pas d’inconvénient et accepte d’être convoyé par sa fille. Depuis l’ouverture du compte, Félix n’a plus mis pieds dans cette structure. Avec sa fille, ils sont bien accueillis et dirigés vers le guichet de payement. «Ma fille, il faut m’aider ; je ne sais pas combien je peux avoir dans mon compte, car depuis trente-six mois je fais des versements mensuels. Je veux retirer un peu pour résoudre un problème familial», s’est-il adressé à la dame au guichet. Celle-ci demande le carnet pour voir le solde, mais reste perplexe. Le compte n’est pas crédité. «Papa, c’est vous même qui veniez faire les versements ? », elle questionne Félix. «Non ! C’est mon fils qui vient chaque fois le faire», réplique-t-il. Elle accompagne Félix dans le bureau d’un responsable de la structure afin de trouver une stratégie pour le manager sans produire de désagrément. Félix ne veut pas retourner à la maison sans argent, car son projet urge. Malheureusement ce qu’il ne sait pas, son compte est déficitaire, car son fils n’avait fait que deux versements et a même opéré un retrait plus tard. Les frais de gestion du compte ont englouti le solde restant. Pendant ce temps, le garçon indélicat est retourné à la maison pour voir l’atmosphère. Imaginant dans quel état il a mis son père, il se désole mais n’a aucune solution. Comment Félix ressort du bureau ? A la semaine prochaine pour le savoir.

Siaka SANON

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