
12 employés de l’usine NAFASO ont comparu devant le tribunal correctionnel de Bobo-Dioulasso, le lundi 15 juin 2026. Ils sont prévenus de vol de sacs de riz et de blanchiment d’argent au préjudice de la dite société.
NAFASO est une entreprise de transformation et commercialisation du riz local basée à Bobo-Dioulasso. Les faits datent de janvier 2026. Selon le récit des faits, les 12 travailleurs dont le chef de production, le magasinier, ont procédé à la soustraction frauduleuse de plusieurs sacs de riz de la société. En effet, ils ont agi de façon concertée pour voler des sacs de riz de 50 kg, 25 kg et de 5 kg. Leur mode opératoire consistait lors de la phase de décorticage à mélanger du riz dans les résidus qu’ils enlevaient par la suite. Certains vendaient le riz pour se faire de l’argent tandis que d’autres le convoyait à la maison pour la consommation familiale. La pratique a duré quatre mois avant d’être découverte par le responsable de l’entreprise sur la base de dénonciations. C’est ainsi que les 12 personnes mises en causes ont été arrêtées puis déposées à la Maison d’arrêt et correction de Bobo-Dioulasso. La personne avec qui ils vendaient le riz volé a été aussi interpelée pour recel.
Les faits de vol reconnus
À la barre, tous les prévenus ont reconnu les faits de vol qui leurs sont reprochés.
Quant aux faits de blanchiment d’argent, les prévenus rejettent cette prévention.
Interrogés sur le vol des sacs de riz, les prévenus ont évoqué chacun les difficultés financières comme étant le motif de leur acte. « C’est en janvier 2026 que j’ai commencé à voler des sacs de riz. Je voulais 7 sacs par mois pendant les 4 mois. Je vendais les sacs volés et souvent j’amenais à la maison pour consommer avec ma famille. L’argent que je gagnais dans la vente du riz, je l’ai utilisé pour réparer la toiture de ma maison et le reste pour le carburant », a déclaré un prévenu.
Un autre prévenu affirme que « j’ai volé les sacs de riz. C’était 5 sacs par mois. J’ai vendu le sac à 8 000 F CFA et j’ai utilisé la somme pour réparer ma moto et le reste pour mon carburant, car j’habite non loin de l’usine ».
Le présumé receleur à la barre
Le riz volé était vendu auprès de D.Z, un ancien employé de la société NAFASO. Lui a été jugé pour des faits de recel. Devant les juges, il reconnaît avoir acheté du riz des mains des travailleurs de l’usine. « Je reconnais avoir acheté le riz dans l’optique de revendre. J’ai travaillé à l’usine de 2021 à 2024 avant de démissionner», a-t-il reconnu.
Est-ce que des sacs de riz ont été retrouvés dans votre magasin ? Demande le juge.
« Oui ! 37 sacs, mais la police les a saisis lorsque j’ai été arrêté », a-t-il répondu.
La société NAFASO a été représentée à l’audience par son Direction général adjoint. Elle dit avoir perdu 300 tonnes de riz estimé à 142 276 000 F CFA.
Les avocats des prévenus ont rejeté la quantité de riz et le montant donnés par la société NAFASO. Pour les conseils des prévenus, le tribunal doit tenir compte uniquement des quantité de sacs que leurs clients ont déclarés avoir volés au cours de l’audience et non le montant mentionné par la société.
Réquisitions
Le parquet a estimé que les 12 employés étaient coupables des faits de vol et le recel contre D.Z.En revanche, a requis leur relaxe pour l’infraction de blanchiment d’argent.
En répression, le ministère public a requis contre chacun 24 mois dont 12 mois ferme et à une amende de 2 millions F CFA dont 500 000 F CFA ferme.
Les avocats de la défense ont plaidé la clémence du tribunal.
Le dossier est mis en délibéré……
B.A.D