
Alors que la saison des pluies est généralement synonyme d’une forte activité pour les pépiniéristes, ces derniers font cette année un constat amer. Entre la rareté des clients et une pluviométrie jugée insuffisante, plusieurs acteurs du secteur affirment que la campagne de cette année est particulièrement difficile.
Aux abords de la Maison d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso (MACB), où exerce Sibiri Ouattara, pépiniériste de 64 ans, il dit avoir de la passion pour ce métier depuis son enfance. « Je vends des plants depuis 50 ans. Je suis né dans ce métier, car mon père l’exerçait déjà. Je l’ai tout simplement aimé. Dans les années 1979, je parcourais à vélo les localités de N’Dorola et de Kourouma pour vendre mes plants », se souvient-il.
Aujourd’hui, Sibiri commercialise principalement des plants fruitiers, notamment des manguiers, des goyaviers, des citronniers et des orangers. Selon ses dires, le manguier demeure l’espèce la plus sollicitée par ses clients. «Avant, le marché était bon. Cette année, les clients viennent au compte-gouttes », déplore le vendeur de plants.
La faible pluviométrie complique davantage l’activité
À quelques mètres de là, non loin du gouvernorat de Bobo-Dioulasso, Fousséni Sanou revient sur le même constat. Selon lui, les mois de juin, juillet et août constituaient autrefois la période la plus rentable de l’année. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. « Avant, en juin, juillet et août, les affaires marchaient très bien. Cette année, les clients sont rares. Les structures étatiques achetaient beaucoup de plants chez nous, mais les commandes se sont considérablement réduites cette année. Cela peut aussi s’expliquer par la baisse du pouvoir d’achat des populations, qui achetaient beaucoup auparavant », explique-t-il.
Au-delà de la baisse de la clientèle, Fousséni Sanou évoque une autre difficulté majeure liée à l’insuffisance des pluies. Pour lui, la faible pluviométrie enregistrée cette saison constitue un frein important à la commercialisation des plants, car de nombreux clients hésitent à investir dans des plantations au regard de la situation.
Chez Fousséni, il existe une diversité d’espèces. On y trouve des plants médicinaux tels que le Pterocarpus, le Ximenia, le Borassus, l’Annona, le Diospyros et l’Afzelia. Il commercialise également des espèces locales, notamment le néré, le karité et les lianes goïne.
Ben Alassane DAO