Palais de Justice : un vendeur de volaille relaxé pour infraction non constituée

B.E., un jeune commerçant spécialisé dans l’achat et la vente de poulets de chair, a comparu devant le tribunal correctionnel de Bobo-Dioulasso le 24 juillet 2026. Il était poursuivi pour avoir détourné l’argent de plusieurs clients dans le cadre de ses activités commerciales.

 

Selon les débats à l’audience, le prévenu achetait des poulets de chair à crédit auprès de différents fournisseurs, avec l’engagement de les revendre avant de reverser le produit des ventes à ses créanciers. Mais après avoir vendu des centaines de poulets, il n’a pas remis les sommes dues aux vendeurs.

Au total, 11 personnes se sont constituées parties civiles dans cette affaire. Chacune a expliqué avoir été confrontée au même mode opératoire.

« Nous lui avons vendu des poulets à crédit. Il devait les revendre puis nous reverser notre argent. Il ne l’a pas fait  comme prévu», ont déclaré les plaignants à la barre, même si certains disent avoir reçu une partie de leur argent.

Face au tribunal, B.E. n’a pas contesté les faits. Il a expliqué que des difficultés financières l’avaient empêché d’exécuter pleinement le contrat qui les liait. « J’ai traversé une période de difficultés financières et je n’arrivais plus à reverser l’argent de mes fournisseurs », a-t-il déclaré.

Interrogé par le président du tribunal, le prévenu a précisé qu’il revendait principalement les poulets à des commerçants spécialisés dans le poulet grillé à Bobo-Dioulasso.

Sur le prix d’achat à crédit, il a indiqué acheter les volailles entre 2 500 F CFA et 2 750 F CFA l’unité.

À la question de savoir si ses propres clients le payaient effectivement, il a répondu qu’ils payaient généralement, tout en reconnaissant que certains tardaient à payer.

 

Des demandes de remboursement

Lors des réclamations civiles, les 11 victimes ont sollicité le remboursement des sommes que le prévenu leur devait. Les montants réclamés variaient entre 100 000 F CFA et 1 268 000 F CFA.

À l’issue des débats, le ministère public a estimé que les faits reprochés au prévenu n’avaient aucune qualification pénale. Le procureur du Faso a requis sa relaxe pour infraction non constituée.

Dans son dernier mot, B.E. s’est engagé à rembourser les sommes dues aux différentes victimes.

 

Le tribunal renvoie les parties devant le juge civil

Suivant les réquisitions du parquet, le tribunal a prononcé la relaxe de B.E. pour infraction non constituée. Les juges ont également déclaré irrecevables les demandes des parties civiles.

Le président du tribunal a toutefois tenu à rassurer les plaignants.

« Nous avons estimé qu’il ne s’agit pas d’une affaire pénale. Cela ne veut pas dire que le prévenu ne vous doit rien. Vous pouvez saisir le juge civil pour obtenir le remboursement de votre argent », a-t-il expliqué aux victimes.

Ben Alassane DAO