Fait de chez nous : « Je vais dormir chez toi »

Les mésaventures de Karim le noctambule sur la route de retour pour la maison. Ce jour comme à l’accoutumée, le jeune amoureux du ballon aime suivre les matchs de football européen dans un site communément appelé « Canal » dans les quartiers. Un match nocturne que Karim tient à suivre, sachant que cela peut durer tard dans la nuit. Pourtant, il habite un peu loin du lieu où il part regarder son ballon. Le match du jour finit après 01 heure du matin et Karim doit rentrer, pourtant la distance qui sépare le Canal et chez lui avoisine les deux km.

Heureusement pour lui, tout le trajet est bitumé et éclairé. Chemin faisant pour le retour, au bon milieu de son parcours, sous un lampadaire il aperçoit une fille bien parée qui apparemment attend le jeune garçon comme si c’était un rendez-vous. A une dizaine de mètres de la fille, Karim commence à avoir une chaire de poule et il a peur. Ne pouvant plus rebrousser chemin, il change de côté de sa marche et la fille traverse aussi pour le rencontrer. Il traverse encore de l’autre côté et la fille fait autant. Karim s’approche et salue la fille qui lui demande de faire chemin ensemble et elle veut passer la nuit chez le jeune car il se fait tard pour elle de rentrer à la maison. « Héé, c’est compliqué hein ! Car mon bailleur ne voudrait pas voire une fille dans sa cour surtout à pareille heure », répond Karim qui tente de continuer sa route. Mais hélas ! La fille rétorque en ces termes : « Je suis en train de te parler et puis tu continues ? D’accord ou pas, nous allons dormir ensemble cette nuit-là ». Karim est à un carré de chez lui et enclenche la course mais cela n’a pas découragé la fille qui aussi court plus vite que Karim qui a de la peine pour s’échapper. Du goudron au premier carré, il fonce puis tourne au bout du prochain carré encore et se cache dans un petit couloir à la porte d’une cour qui malheureusement est fermée.

La fille passe en flèche derrière Karim et continue jusqu’au goudron sous la lumière sans voir le jeune. Elle poirote au bord de la route dans l’espoir de s’accrocher au prochain passant. Malheureusement pour Karim qui croyait que la fille a lâché prise. Il sort de sa cachette pour vite rentrer chez lui. Comme si la fille a senti l’odeur du jeune, elle se retourne et crie fort pour interpeller son acolyte. Et en même temps, elle revient à vive allure vers celui-ci qui encore a pris ses pieds au cou. De peur d’être rattrapé, Karim prend un virage dangereux, saute dans une cour par le mur et tombe dans les toilettes où il reste accroupi souffle coupé. De sa cachette il entend les murmures de la fille qui dit «Dankan den ni dona mi», qui veut dire où est rentré ce maudit-là en dioula. Elle monte et descend dans ce carré où elle a perdu de vue le jeune garçon qui a passé le reste de la nuit dans les toilettes des voisins pour sauver sa peau.

Ce sont les premiers utilisateurs matinaux qui découvrent Karim qu’ils connaissent bien, déprimé dans les toilettes, qui avait même perdu l’usage de sa langue momentanément. On fait appel à ses parents qui viennent le chercher. Une fois à la maison, il sera sauvé par des produits indigènes plus tard. Car les siens ont compris que Karim à dû croiser une génie qui s’est transformée en fille pour le suivre.  C’est après tout çà que Karim a pu expliquer ce qui lui est arrivé la nuit dernière.

Depuis ce jour, 19 heures n’a plus trouvé Karim à plus de 100 mètres de chez lui. Comme pour assaisonner un proverbe qui dit que « l’homme est sage, tant qu’il cherche la sagesse ; mais dès qu’il croit l’avoir trouvée, il perd la tête ». Donc, cette calamité de Karim doit servir de leçon à d’autres noctambules pour ne pas tomber dans les mêmes anxiétés.

Siaka SANON

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