Les élèves poursuivis pour fraude à l’examen du BEPC, session 2025 à Bobo-Dioulasso ont été jugés, le mardi 17 juin 2025. Le Procureur a requis contre eux des travaux d’intérêt général de 10 jours.
Ce sont au total treize prévenus dont 8 femmes qui ont comparu à la barre du tribunal correctionnel de Bobo-Dioulasso pour répondre des faits de fraude lors du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) session 2025. C’est dans une salle d’audience pleine que les débats ont eu lieu. Les parents des prévenus ont également répondu présents à l’audience.
À la barre, la majorité des prévenus ont reconnu les faits.
Le Président du tribunal questionne en premier le cerveau du groupe, B. A. La première est de savoir s’il était au courant de l’existence d’un groupe WhatsApp dénommé « Secret d’un peuple ». « Oui », confirme B. A. C’est quel secret ? « Les sujets », dit-il. Et « de quel peuple sagit t-il?»,questionne à nouveau le président du tribunal. « Les membres du groupe », selon B. A.
Autres questions du Juge. «Vous avez eu le BEPC en quelle année ?» B. A dit avoir obtenu son BEPC en 2020. «Quelle classe faites-vous actuellement ?» « La classe de 1ère », repond-t-il. Selon B. A, « le groupe existe depuis le 16 mai 2025. Et pour y adhérer il fallait payer de l’argent. Certains ont payé 5000 F et d’autres 3 000 F ».
Le juge lui demande d’expliquer comment il aidait les candidats. « Les candidats envoient les photos des sujets dans le groupe. On les traitait et on envoie les réponses dans le groupe », explique t-il.
«C’est dans quelles matières vous aidez les candidats ?», interroge à nouveau le Juge. « Français, Anglais, SVT, PC, Mathématiques », répond B. A.
«Comment vous traitez les sujets ?» « C’est via une application d’intelligence artificielle ChatGTP », fait-il savoir.
A la question du Procureur de savoir de savoir quelle était la cible de ce groupe WhatsApp ? Le cerveau du groupe repondra que c’est pour les élèves de la ville de Bobo.
Le Président du tribunal va ensuite interrogé B. R, la petite sœur de B. A. C’est elle qui conseillait les candidats sur le type d’habillement qu’il faut pour intégrer la salle de composition.
Elle a declaré avoir obtenu son BEPC en 2024. « Je leur disais de mettre les téléphones dans leur poche ou sous leurs robes pour faciliter l’accès de la salle avec les téléphones portables », a laissé entendre B. R en reponse à la question du Juge de savoir quels conseils donnait-elle aux candidats qui avait intégré le groupe.
Lors des débats, deux des prévenues ont affirmé avoir réussi à leur BEPC en 2024 en intégrant un groupe WhatsApp du nom de « Kilolo ». Une autre prévenue, candidate au BEPC 2025, confirme avoir intégré le groupe. Elle ajoute qu’elle avait camouflé son téléphone portable entre ses jambes le jour de l’examen pour frauder.
La majorité des candidats fraudeurs ont annoncé au cours de l’audience avoir passé le BEPC trois à quatre fois sans succès.
Réquisitions du Procureur
Avant de prendre ses réquisitions, le Procureur a appelé à la responsabilité des parents de veiller à l’éducation de leurs enfants pour éviter de tels comportements. Il a requis contre chacun d’entre eux, une peine de travail d’intérêt général de 10 jours et assortie de 12 mois de prison ferme en cas d’inexécution. Le Parquet a également requis la confiscation du scellé contenant les téléphones portables ayant servi à la commission de la fraude.
Les parents des prévenus présents à l’audience ont pris l’engagement de garantir l’exécution de ces travaux par leurs enfants. Le tribunal correctionnel a mis le délibéré au mardi 24 juin 2025.
Les faits
En rappel, les prévenus sont poursuivis pour avoir fraudé à l’examen du BEPC, session 2025 à Bobo-Dioulasso conformément à l’article 376-1du code pénal burkinabè. En l’espèce, les prévenus avaient créé un groupe WhatsApp dénommé « Le secret d’un peuple » où les candidats adhéraient moyennant le paiement d’une somme d’argent. Le jour de l’examen, notamment les 3 et 4 juin 2025, ils usaient de moyens frauduleux pour rentrer dans la salle de composition avec des téléphones portables Android. A l’aide de leurs téléphones, ils recevaient les corrigés des sujets via le groupe WhatsApp pour ensuite les recopier sur leurs feuilles de composition.
Ben Alassane DAO
