Vente du pain aux abords des gares : des vendeuses crient à la rareté des clients

À  Bobo-Dioulasso, des femmes vendent du pain aux alentours des gares routières. Hier 12 mars 2026, une de nos équipes est allée à la rencontre de ces actrices de l’économie qui s’évertuent de jour comme de nuit pour subvenir aux besoins de leurs familles.

 

Il est 10 heures lorsque nous arrivons à une gare de la place de Bobo-Dioulasso, non loin du marché de fruits et légumes au secteur 9. L’ambiance est relativement calme. Seulement quelques passagers sont assis sous les hangars et surveillent les bagagistes qui enregistrent leurs bagages. D’autres passagers descendent d’un taxi-moto. Pendant ce temps, les apprentis font monter la moto d’un voyageur sur le toit du car. Juste à l’entrée de la gare, un groupe de vendeuses de pains est installé en attente de clients. Elles sont assises côte-à-côte avec leurs paniers remplis de pain dans une ambiance morose. Elles se taquinent par manque de clients. La plupart d’entre elles porte des bébés au do. Parmi le groupe, se trouvent quelques jeunes filles. Interrogées sur l’évolution de leurs activités commerciales, elles évoquent entre autres, la rareté des clients.

Des boulangeries dans les villages

Selon  Assétou Traoré, une  vendeuse de pain explique «j’ai commencé la vente de pain depuis que j’étais petite. Cela  fait 17 ans que j’exerce ce métier et depuis même l’existence de l’ancien marché. Actuellement, la vente a beaucoup baissé parce qu’il y a trop de boulangeries. Les gens ne payent plus comme avant.  Il y a des semaines où nous perdons beaucoup à cause de la mévente, car les pains deviennent secs et nous ne gagnons aucun bénéfice. Avant, dans la journée je pouvais vendre jusqu’à 1000 miches, mais maintenant même 400 miches je n’arrive plus à vendre. Hier même, ce sont 400 miches que j’ai prises à la boulangerie, mais c’est le ¼ seulement que j’ai vendu. Avec ce petit commerce, je me débrouille pour payer la scolarité de mes sœurs ».

Quant au choix de la gare, Assétou Traoré dit avoir choisi la gare des cars qui ont pour destination les villages, parce que dans ces villages il n’y a pas de boulangerie et les voyageurs payent du pain pour leur famille.

«Il est difficile pour nous d’arrêter cette activité »

Maïmouna Koné, une autre vendeuse de pain, dit ceci : «J’ai commencé cette vente il y a plus de 10 ans. Au début ce qui m’a poussée à faire ce commerce, c’est qu’il n’y avait pas assez de boulangeries. Mais maintenant, il y a l’ouverture de plusieurs boulangeries, ce qui ralentit notre marché. Mais comme nous sommes déjà habitués et c’est la seule activité que nous menons il est difficile pour nous d’arrêter. Nous commençons la vente vers 8 heures jusqu’à 17 heures, mais même 150 miches nous n’arrivons pas à écouler. Malgré la difficulté je gagne un peu d’argent et j’arrive à subvenir à mes besoins et à ceux de ma famille». De son côté Djata Konaté, également vendeuse de pain dans une gare routière de place ne se plaint pas pour autant. Elle avoue que le marché va mieux. «Nous sommes dedans, il  y a longtemps  et nous avons nos clients fidèles qui achètent toujours le pain. J’arrive à m’en sortir et je subviens aux besoins de ma famille. Grâce à cette activité, je paye la scolarité de mes enfants », assure t- elle.

Zuwabwo F. Esther TIBIRI/Stagiaire

Issa OUEDRAOGO/Stagiaire