
À quelques jours de la tenue des journées culturelles de Koumbia prévue, du 16 au 18 mai 2026, le Président du comité d’organisation, Dofini Hamou Bonkian revient en détail sur les enjeux, les ambitions et les attentes de cet événement majeur initié par l’ARACK (Association des Ressortissants et Amis de la Commune de Koumbia).
Monsieur le Président, quel est le contexte qui a motivé l’organisation de ces journées culturelles ?
Ces journées culturelles interviennent dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires et sociaux. Aujourd’hui plus que jamais, nos communautés ont besoin de repères solides pour faire face à ces épreuves. Nous avons donc estimé qu’il était nécessaire de créer un cadre capable de renforcer le vivre-ensemble, de consolider les liens sociaux et de redonner espoir aux populations. La culture s’est imposée naturellement comme un outil puissant, parce qu’elle rassemble, elle éduque et elle transmet des valeurs. À travers cette initiative, nous voulons rappeler que notre identité culturelle constitue une force sur laquelle nous pouvons nous appuyer pour bâtir une société plus résiliente.
Pourquoi avoir choisi le thème axé sur la résilience ?
Le thème reflète une réalité que vivent nos populations au quotidien. Nous sommes confrontés à des situations qui fragilisent le tissu social et qui peuvent engendrer la méfiance ou le repli sur soi. Dans ce contexte, il est essentiel de promouvoir des valeurs telles que la solidarité, la tolérance et l’unité. La culture joue ici un rôle fondamental. Elle permet de créer des espaces de dialogue, de sensibiliser les populations à travers des formes accessibles comme le théâtre, les contes ou la musique. Elle contribue également à renforcer le sentiment d’appartenance à une même communauté, ce qui est indispensable pour faire face ensemble aux défis.
Quelles sont les grandes activités prévues durant ces trois jours ?
Nous avons conçu un programme riche et inclusif pour toucher toutes les couches de la population. Il y aura des prestations artistiques avec des danses traditionnelles. Nous organisons également une foire gastronomique qui permettra de découvrir et de valoriser les mets locaux, tout en offrant des opportunités économiques aux acteurs locaux, notamment les femmes. En parallèle, des jeux traditionnels seront organisés afin de promouvoir nos pratiques ancestrales, souvent délaissées aujourd’hui. Enfin, des soirées culturelles viendront clôturer chaque journée, avec des animations musicales et une grande nuit culturelle pour célébrer notre identité. Il est également prévu une conférence.
Quelle place occupe la jeunesse dans cette initiative ?
La jeunesse est au cœur de cette initiative. Nous constatons que beaucoup de jeunes sont aujourd’hui influencés par des modèles extérieurs et parfois éloignés de leurs racines culturelles. Il est donc important de leur offrir des espaces où ils peuvent redécouvrir leur patrimoine et en être fiers. Ces journées culturelles leur permettront non seulement de s’exprimer, mais aussi de développer des talents dans les domaines artistiques, artisanal ou culinaire. À terme, cela peut même déboucher sur des opportunités économiques et contribuer à leur autonomisation.
La question de la sécurité est sensible. Quelles dispositions avez-vous prises ?
Nous avons accordé une attention particulière à cet aspect. Une commission sécurité a été mise en place et travaille en étroite collaboration avec les forces de défense et de sécurité ainsi que les volontaires pour la défense de la patrie. Un dispositif de contrôle des accès, de gestion des flux et de prévention des incidents est prévu. En parallèle, une commission santé assurera la présence d’un personnel médical et d’un poste de secours pour garantir la prise en charge rapide en cas de besoin. Notre objectif est de permettre à tous les participants de vivre l’événement dans un climat de sérénité et de confiance.
Qu’attendez-vous concrètement de ces journées culturelles ?
Nous attendons plusieurs résultats. D’abord, une forte mobilisation des populations, car cela sera le signe que la communauté adhère à cette initiative. Ensuite, nous souhaitons que les talents locaux soient mis en lumière et encouragés. Nous espérons également que les participants, en particulier les jeunes, repartiront avec une meilleure connaissance et une plus grande fierté de leur culture. Enfin, nous voulons que cet événement contribue à renforcer la cohésion sociale et à améliorer l’image de la commune de Koumbia.
Quel message adressez-vous aux partenaires et aux fils et filles de Koumbia ?
Je lance un appel sincère à tous les partenaires, aux autorités, aux entreprises, ainsi qu’aux ressortissants de la commune, où qu’ils se trouvent. Cette initiative est la nôtre à tous. Elle ne pourra réussir qu’avec l’engagement collectif.
J’invite particulièrement les fils et filles de Koumbia à se mobiliser, à revenir à la source et à participer activement à cet événement. Que chacun apporte sa contribution, qu’elle soit matérielle, financière ou morale. Ensemble, nous pouvons faire de ces journées culturelles un véritable symbole d’unité, de résilience et de fierté communautaire.
Aymeric KANI