Autant le dire : catégorisation des communes, que le développement endogène commence

Le Burkina Faso compte désormais deux communes à statut particulier ; cent quarante-neuf communes de plein exercice et deux cents communes de moyen exercice. Les communes à statut particulier sont que sont Ouagadougou et Bobo-Dioulasso sont classées comme telles parce qu’elles mobilisent chacune des ressources propres supérieures ou égales à 5 milliards de FCFA. Les communes de plein exercice sont classées dans cette catégorie parce’ que les ressources budgétaires propres qu’elles mobilisent sont supérieures à 50 millions de FCFA et inférieures à 5 milliards de FCFA. Quant aux communes de moyen exercice, elles mobilisent des ressources budgétaires propres inférieures à 50 millions de FCFA.

Ce classement, fait sur la base des comptes administratifs gestion 2023 et 2024 des exercices budgétaires des communes n’est pas un acquis définitif. Autrement dit, si une commune de moyen exercice arrive à mobiliser plus de 50 millions durant trois exercices budgétaires consécutifs constatés, elle peut changer de statut pour devenir une commune de plein exercice. Par contre, si une commune de plein exercice vient à mobiliser moins de 50 millions de FCFA durant trois exercices budgétaires, elle descend à la catégorie des communes de moyen exercice. Il en sera de même si une commune à statut particulier ne parvient plus à mobiliser des ressources propres supérieures ou égales à 5 milliards de FCFA sur trois exercices budgétaires consécutifs. L’Etat a mis en place la Commission nationale des finances locales (CONAFIL) comme organe chargé de l’évaluation périodique des ressources budgétaires propres des communes.

« L’adoption de ce décret permet de préciser les modalités de changement de statut des communes en vue de renforcer les initiatives de mobilisation des ressources endogènes », précise le Conseil des ministres. Et c’est là que se trouve tout l’intérêt de ce décret. Car, non seulement il met en compétition les communes avec elle-même, mais aussi entre elles.  Aucune commune à statut particulier ne voudrait perdre son statut. Aussi, les communes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso sont condamnées à mobiliser chacune, chaque année au moins cinq milliards de FCFA. Quant aux communes de plein exercice, pour continuer de jouir de ce statut, doivent obligatoirement mobiliser chaque année plus de 50 millions de FCFA. Si elles veulent monter à la catégorie des communes à statut particulier il leur faut mobiliser au moins 5 milliards de FCFA. Le plus intéressant, c’est le cas des communes à moyen exercice. Classées dans cette catégorie parce qu’elles ne mobilisent pas plus de 50 millions de FCFA de ressources propres, elles doivent redoubler d’effort pour aspirer au statut de commune de plein exercice.

Par ailleurs, ce décret met en compétition les populations des communes afin qu’elles s’impliquent fortement dans le développement à la base. Car véritablement, c’est de cela qu’il est question. Le développement, faut-il le rappeler, ne vient jamais d’ailleurs. Il est endogène, porté par les populations à la base à travers les activités qu’elles mènent au quotidien. Qu’elles soient économiques, culturelles, agro-sylvo-pastorales, sécuritaires, éducatives, sanitaires, environnementales…elles participent toutes au développement de la commune. Malheureusement, cela n’a pas toujours été compris comme tel. D’où la nécessité d’aller à la base pour expliquer davantage et convaincre que notre bien-être ne nous sera pas servi sur un plateau d’or. Mais à la sueur de nos fronts.

Dabaoué Audrianne KANI