Le marché de fruits et légumes occupe une place dans l’approvisionnement de la ville de Bobo-Dioulasso. Chaque jour, il accueille un nombre important d’acteurs économiques et de consommateurs. Pour plusieurs usagers, la gestion des odeurs et des déchets représente aujourd’hui un enjeu lié à la santé, à l’activité commerciale et au cadre de vie. Les déchets produisent des odeurs qui suscitent des réactions parmi les commerçants, les clients et les riverains. Un constat a été fait et des témoignages recueillis dans les environs dudit marché, le mardi 09 Juin 2026. Lisez-plutôt !
Le marché de fruits et légumes de Bobo-Dioulasso est l’un des principaux centres d’approvisionnement de la ville. Dès les premières heures de la journée, les allées du marché accueillent des vendeurs, des grossistes, des transporteurs et des acheteurs. Les étals proposent des tomates, des choux, des oignons, des aubergines, des mangues, des oranges et d’autres produits agricoles provenant de plusieurs localités du Burkina Faso. À mesure que les activités se déroulent, des résidus de fruits et légumes s’accumulent sur le sol. Des tas composés d’épluchures, de feuilles de choux, de produits en état de décomposition restent dans une seule poubelle située à l’extérieure du marché pendant toute la journée. Sous l’effet de la chaleur, la présence de déchets issus des activités de vente alimente les préoccupations liées à l’hygiène, à la santé et au fonctionnement du marché. Odeurs perceptibles à plusieurs mètres empêchant le confort des riverains dans leurs maisons respectives. « Dès le matin, nos alentours dégagent déjà des odeurs », se désole une riveraine. Selon elle, la situation revient de façon régulière et devient plus marquée lorsque l’enlèvement des déchets accuse du retard, surtout en cette saison des pluies. Les commerçants autour du marché évoquent également cette situation. Certains indiquent qu’ils écourtent leur passage dans cette zone, car l’odeur dégagée est très nauséabonde. D’autres estiment que les odeurs influencent leur perception de l’état des lieux.
Risques sanitaires
Au-delà de la question du confort, plusieurs acteurs soulignent les conséquences sur les conditions de travail. Les vendeurs passent une grande partie de la journée au marché et aux alentours du marché. Ils sont exposés de manière continue aux odeurs provenant des déchets en décomposition. Certains évoquent des maux de tête, des nausées ou des sensations de gêne due à la présence d’eaux stagnantes.
La présence de mouches autour des déchets constitue également une source d’inquiétude. Dans plusieurs espaces, ces insectes circulent entre les déchets et les produits exposés à la vente. Cette situation alimente les préoccupations relatives à l’hygiène alimentaire. Les riverains du marché disent eux aussi ressentir les effets du phénomène. Selon certains habitants, les odeurs atteignent parfois leur salon et même la chambre. Et parfois, ils sont obligés de boucher le nez avec un tissu ou porter un cache-nez ou à défaut fermer les fenêtres.
L’urgence d’une prise en charge du problème
Pour plusieurs observateurs, la question des déchets se trouve au centre du problème. Chaque jour, le marché génère des volumes importants de résidus organiques. Leur gestion nécessite une organisation impliquant les commerçants, les responsables du marché et les services chargés de l’assainissement. Parmi les pistes évoquées figure entre autres, le renforcement de la collecte des déchets. Des commerçants souhaitent un passage plus fréquent des équipes de ramassage. Selon eux, une évacuation à intervalles rapprochés limiterait le temps de séjour des déchets sur le site. L’installation de plusieurs bacs supplémentaires de collecte. La valorisation des déchets organiques. Les résidus de fruits et légumes peuvent être orientés vers la production de compost destiné à l’agriculture. Cette option permettrait de réduire les quantités de déchets présents sur le marché, tout en créant une utilisation pour ces matières. Par ailleurs, l’entretien des caniveaux et des systèmes d’évacuation des eaux est également évoqué. Des opérations régulières de nettoyage pourraient participer à l’amélioration des conditions d’assainissement. En attendant la mise en œuvre de mesures à grande échelle, commerçants et clients continuent leurs activités dans un environnement où la question de l’assainissement reste au cœur des préoccupations.
Estelle Wende Mi KOUTOU
