Maison d’Arrêt et de Correction de Banfora : les détenus ont pris la route des champs pour produire

Le mercredi 10 juin 2026, au jardin et dans les champs des détenus de la Maison d’Arrêt et de Correction de Banfora (MACB), les petits plats sont mis dans les grands pour faire de bons rendements agricoles, cette campagne 2026-2027.

 

En ce début de campagne agricole, les périmètres agricoles sont prêts afin de maximiser les rendements. Dans cette optique, dans matinée du mercredi, quelques détenus étaient munis de dabas, arrosoirs et machettes pour préparer les périmètres pour de bons rendements agricoles dans leurs champs. Les uns coupent des arbustes, les autres sèment. Ici, la terre est devenue un véritable outil de réinsertion sociale et de production alimentaire. Cette initiative s’inscrit dans la dynamique de formation et d’autosuffisance alimentaire promue dans plusieurs établissements pénitentiaires du Burkina Faso.

Pour Harouna Sanou, Directeur Adjoint de la MACB, « on peut dire Dieu Merci ! La saison commence bien parce qu’on a pu commencer l’organisation pratique. Que ça soit du côté du choix des détenus et aussi nous avons sous la main ici un minimum de matériel de travail. Il reste maintenant la livraison des intrants ». Cette année, la Maison d’Arrêt et de Correction de Banfora (MACB) ambitionne emblaver 34 hectares sur deux sites, le site de la SOSUCO (25 hectares) et celui de l’INERA (9 hectares). Cette initiative s’inscrit dans la dynamique de formation et d’autosuffisance alimentaire promue dans plusieurs établissements pénitentiaires du Burkina Faso.

 

200 détenus à mobiliser pour la cause

Selon Koffi Da, contrôleur de sécurité pénitentiaire principal et Chef de service de production pénitentiaire et de la formation professionnelle de la MACB, les autorités pénitentiaires estiment que l’auto suffisance alimentaire, occupant une très grande place au Burkina Faso, la MACB met tous les moyens en œuvre  pour l’atteinte de cet objectif. Pour cette campagne humide, « nous comptons mobiliser 200 détenus et produire 89,75 tonnes sur les deux sites. Au total, 35 hectares de superficie seront emblavés pour la production dont  20 hectares pour le maïs, 2 hectares pour le Niébié, 5 hectares pour sésame et 7 hectares pour le riz », précise Monsieur Da. Mais cela ne se fait pas sans difficulté. En effet, les responsable de l’établissement pénitentiaire éprouvent parfois « des difficultés avec des détenus, en matière de transport sur les sites, notamment l’insuffisance du matériel roulant, mais aussi le retard dans la livraison des intrants et le matériel de labour », a-t-il souligné. « Nous sommes confrontés à un manque de matériel. Nous voulons produire mieux que l’année passée », renchérit le détenu A S.

Pour ces pensionnaires, ces activités constituent bien plus qu’un simple travail quotidien. Car, l’initiative des champs des détenus démontre que même derrière les murs de la prison, le travail de la terre peut semer les graines de la réinsertion sociale.

Sina COULIBALY