Bobo-Dioulasso : la tomate, une denrée rare sur le marché

Depuis quelques semaines, la ville de Bobo-Dioulasso connait une hausse importante du prix de la tomate. Légume indispensable pour une bonne cuisine, la tomate est devenue rare sur les étals. Cette situation suscite une inquiétude chez les clients ainsi que les commerçantes. Face à cette situation, une équipe de L’Express du Faso a effectué une sortie de terrain, le mardi 16 juin 2026, au marché de fruits et légumes pour un constat sur les causes de cette cherté.

 

Au marché de fruits et légumes de Bobo Dioulasso, pour voir des tomates sur les étals des vendeuses, il faut aller carrément au fond. Pourtant au paravent on pouvait remarquer les tas de tomates un peu partout dès l’entrée du marché. Les vendeuses de tomates disent faire face à un manque d’approvisionnement qui affecte leurs activités quotidiennes. Awa Koné, vendeuse de tomates depuis plus de 15 ans, nous explique. « Les tomates sont devenues trop chères. Actuellement, les paniers de tomates sont à 55 mille francs CFA et la caisse coûte 100 mille francs CFA », a-t-elle fait savoir. Elle explique que si la pluie tombe sur les tomates déjà plantées et en stade de floraison, elles pourrissent et ne peuvent plus être récoltées. Du coup, il faut replanter d’autres graines pendant la saison pluvieuse pour pouvoir avoir des tomates. Ainsi, elle laisse entendre que les tomates disponibles actuellement sur le marché viennent d’ailleurs. « Nous sommes obligés d’importer les tomates. Les transporteurs disent traverser le Mali et avec l’insécurité et les affaires de dédouanement, d’ici que les tomates n’arrivent au Burkina-Faso, la plupart d’entre elles sont en mauvais état. Nous les trions. Nous sommes obligés de faire de sorte à ne pas avoir des pertes lors de la vente. C’est ce qui explique la cherté des tomates ces derniers temps sur le marché », raconte-t-elle.

Selon Fatoumata Sanou, autre vendeuse de tomate, « vu que les tomates produites au Burkina Faso  ne suffisent pas, nous sommes obligés de les importer. Avec le coût de l’importation, forcément la tomate sera chère. Parfois nous pouvons passer plusieurs jours sans être suffisamment approvisionnés pour satisfaire la demande des clients ». Cette situation n’est pas sans conséquences pour les consommateurs qui peinent à se procurer ce légume. A ce propos, une cliente rencontrée sur place, Adjaratou Nasa, nous raconte. « La tomate est indispensable dans notre cuisine. Vraiment nous rencontrons beaucoup de difficultés à faire de bons plats pour nos maris. Aujourd’hui, elle est introuvable et son prix a augmenté de 500 FCFA en allant. Imagine si ton argent de popote est de 1000 FCFA, comment tu vas gérer ? Nous espérons que la situation reviendra rapidement à la normale, car c’est vraiment problématique », déplore-t-elle.

Entre inquiétude des consommateurs et difficultés rencontrées par les commerçants, le manque des tomates sur les marchés de la ville de Bobo-Dioulasso reste au cœur des préoccupations. En attendant un retour à la normale, consommateurs et commerçants s’adaptent tant bien que mal à cette situation. Tous espèrent une amélioration dans les semaines à venir afin de faciliter l’accès à ce légume.

Mahanatou OUATTARA / stagiaire

Gnouma SANOU / stagiaire