Autant le dire : la France, victime de ses extrémistes

Depuis plusieurs semaines, la France connaît de violentes manifestations de lycéens dont le summum a été atteint ce samedi 17 octobre avec l’entrée dans la danse d’autres composantes et forces sociales. Si tout est effectivement parti de revendications de lycéens qui demandent un allègement de leur emploi du temps, aujourd’hui, ce sont tous les Français qui exigent de meilleures conditions de vie et de travail. De façon générale, la vie n’est pas moins chère en France ; au contraire, les Français ne peuvent plus vivre décemment et dignement chez eux. À tel point que certains sont obligés de s’installer ailleurs, là où la vie est plus abordable. Qui aurait cru que cet eldorado tant vanté, et dont certains rêvaient, soit devenu aujourd’hui un enfer sur terre ?
Les violentes manifestations en cours en France ne sont pas surprenantes. Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, la France a régulièrement été secouée par des mouvements sociaux d’envergure. C’est sous sa gouvernance que sont nés les « gilets jaunes » en novembre 2018, un mouvement dont les partisans avaient violemment manifesté contre la hausse des prix des carburants consécutive à l’augmentation de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE). Manifester aussi vivement semble donc être devenu une habitude chez les Français sous l’ère Macron.
Ce qui se passe en ce moment en France constitue une remise en cause de certaines certitudes longtemps considérées comme des acquis. La France est malade et victime de ses extrêmes. Longtemps partagé entre la gauche et la droite traditionnelles, le pouvoir tend aujourd’hui à basculer vers les extrêmes : le Rassemblement national (anciennement Front national) avec les Le Pen, et La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.
Que ce soit sur le plan économique, social ou politique, tous les ingrédients sont réunis pour que les manifestations deviennent encore plus violentes. Si les prochains gouvernants ne prennent pas leurs responsabilités, cette situation pourrait bien aboutir à une révolution. Les Français veulent que les choses changent. Ils exigent de meilleures conditions de vie et de travail, des droits dont on les prive depuis plusieurs décennies en leur faisant croire que le pays se porte bien.
Sur le plan social, la vie est devenue tellement chère qu’une partie des Français n’arrive plus à s’assurer deux bons repas par jour. Quand on observe l’augmentation actuelle des prix du carburant, on peut dire, une fois de plus, que le portefeuille des Français est percé. De surcroît, la décision d’anciennes colonies comme le Mali, le Niger et le Burkina Faso de s’affranchir de la tutelle française en rompant tous leurs accords, y compris économiques, n’est pas faite pour arranger les choses. Au contraire, cela prive la France de revenus coloniaux indirects.
C’est donc une France aujourd’hui dépourvue de ces ressources qui doit trouver des solutions qu’elle n’avait pas anticipées. Malheureusement, le pays semble ne pas disposer de moyens conséquents. Tout porte à croire que l’on s’achemine vers une issue incertaine pour cette puissance européenne.

Dabaoué Audrianne KANI