Affaire parcelles de Sarfalao : Attributaires et non-attributaires à couteaux tirés

On a beau prendre des mesures de distanciations par rapport aux faits, les questions relatives au foncier urbain sonnent généralement comme une sommation à prendre partie. Tant les antagonismes sont de plus en plus tranchés entre les autorités municipales et les plaignants généralement mécontents de ne pas avoir gain de cause dans les attributions de parcelles d’habitation après leur déguerpissement en vue. Un exemple parmi d’autres est la situation qui prévaut actuellement au secteur 26 de l’arrondissement 5.

Tou Kiéléfana de l’association Dougouguèra a de sérieux griefs contre les méthodes de la mairie d’arrondissement dans l’attribution jugée ”sélective” des parcelles

Le maire Christophe Sanou a répondu aux questions de L’Express du Faso sur la question dans l’édition du jeudi 16 juillet de l’Express du Faso. Sans pour autant contenter toutes les parties, loin s’en faut! Des plaignants se sont en effet adressés à votre journal dans la matinée d’hier mercredi pour exprimer leur ras le bol et tenter d’empêcher des travaux de constructions sur des parcelles attribuées dans cette zone située dans les environs du maquis Le Boucan et de la mosquée ”cabacourou msri”. Deux camps s’opposent sous l’arbitrage de la mairie d’arrondissement qui elle même travaille sous le contrôle des autorités régionales et nationales en charges de ces questions, face aux mécontents non attributaires de parcelles sur les listes. D’une part donc, se trouvent les chanceux bénéficiaires des parcelles régulièrement attribuées et qui souhaitent mettre en valeur leur domaine, et de l’autre, les autres bien plus nombreux dont certains situés sur des voies à ouvrir et dont les habitats de fortune sont marqués d’une croix blanche, un badigeonnement qui indiquent qu’ils doivent quitter là pour permettre aux services techniques d’effectuer les travaux de voirie.

Kabré Ouamdem craint les inondations suite aux travaux de construction (en dure) près de sa demeure en banco

Ce sont des personnes de ce groupe de mécontents qui ont eu la surprise désagréable de voir que leurs voisins immédiats étaient en train de faire des fondations tout juste aux pieds de leurs maisons en banco. Par ces temps de pluies, c’est une sérieuse menace, observent-ils car en cas de pluies, les eaux de ruissellement épargneront les nouvelles constructions ”en dur” pour se diriger dans leurs concessions. Mais le camp des constructeurs agissant dans leurs droits ne s’entendent pas compter ce type d’argumentations pour arrêter leurs travaux. D’où le couac entre ces groupes de personnes en cette matinée du mercredi 22 juillet, par des protestations plus ou moins vives de part et d’autres.

Une solution attendue

Les plaignants rappellent alors les diverses rencontres avec le maire Christophe Sanou et d’autres autorités, les missives adressées ici et là pour trouver une solution au problème, et surtout la commission ad hoc qui serait prévue pour se pencher sur le problème en vue d’une ultime solution. Tant que cela n’a pas été fait, ils ne comprennent pas l’empressement qu’il y’a à faire des constructions sur des espaces concernés par le dossier qui sera objet de la commission ad hoc. Les gendarmes et\ou policiers impliqués dans les rencontres sur ce dossier auraient même posé cette question au maire: pourquoi ne pas attendre?

L’impossibilité de construire malgré des documents ”en règle” à cause des oppositions et les déguerpissements forcés sont les principaux soucis de certains habitants de Bobo

La solution attendue, c’est que les quatre mille (selon l’association Dougouguèra) non attributaires qui espèrent une réinstallation ou un dédommagement conséquent suite aux déguerpissements soient eux aussi satisfaits. Le maire Christophe Sanou ne promet rien en ce sens mais affirme qu’il fera des démarches auprès de propriétaires terriens pour trouver un espace pour eux…si possible! Dans tous les cas, il a prévenu que ces plaignants qui ont quitté la table de négociation du comité après deux ou trois jours de travaux à travers l’association Dougouguèra “ne peuvent rien nous imposer!” En fin de matinée de ce mercredi 16 juillet, les deux camps opposés sur des parcelles attribuées en voie de viabilisation, ont été conviés à la mairie de l’arrondissement pour être entendus, nous a-t-il été rapporté et il n’est pas exclu que la BAC (la Brigade anti criminalité) y fassent une descente pour intimer l’ordre de suspendre ou laisser continuer les travaux. Car c’est hélas la voie forte qui a généralement le dernier mot fasse aux oppositions des parties impliquées dans les problèmes fonciers. Mais de voir ces familles bientôt déguerpis peut être manu militari pousse à souhaiter une solution heureuse, un happy end au dossier, sans vouloir prendre partie pour Paul contre Pierre. La question foncière, qu’elle soit urbaine ou rurale, devient de plus en plus épineuse et les concernés non attributaires n’hésitent pas à parler d’un réseau de mafieux qui n’épargne pas les services municipaux et des ”affairistes” présentés comme des spéculateurs fonciers sans scrupules. Rien ne parait simple sur la question en écoutant les différents protagonistes, même lorsque les maires d’arrondissement font tant d’efforts pour montrer pattes blanches et que le maire de la commune Bourahima Sanou se montre de plus en plus ferme. ”Ceux qui achètent des terrains ou des parcelles sans précautions le font à leurs risques et périls!” Et les engins lourds sont là pour raser tout obstacle qui entrave l’ouverture des voies nécessaires à la circulation urbaine. À bon entendeur salut : la fin de la récréation sonnera bientôt!”

Sibiri SANOU

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