Le Général d’armée Assimi Goïta du Mali, le Capitaine Ibrahim Traoré du Burkina Faso et le Général d’armée Abdrahamane Tiani du Niger se rencontrent à Bamako ces 22 et 23 décembre dans le cadre du collège des chefs d’Etat de la Confédération de l’Alliance des Etats. Deuxième du genre, cette rencontre est très attendue en ce sens qu’elle va marquer un tournant décisif dans la consolidation de l’existence même de la Confédération elle-même.
Car, autant le dire, à sa création, peu d’observateurs ne vendaient pas chère la peau de cette Confédération-AES. Alors que les trois chefs d’Etat y ont cru et y sont allés avec courage et fermeté, si bien que le principal défi relevé est d’abord celui de la création et de la confirmation, deux années après, de l’organisation. L’ancrage de la Confédération-AES et l’adhésion populaire dont elle bénéficie de la part des peuples du Sahel, ne sont plus à démontrer. Même ceux qui n’y croyaient pas, sont presque unanimes sur la création de cette confédération et sur les orientations que ses géniteurs lui ont données. Reste à parachever les organes pour un fonctionnement optimum de la Confédération conformément aux aspirations des peuples de l’espace.
La Confédération-AES dispose aujourd’hui d’une force unifiée de 5 000 hommes spécialement mise en place pour lutter contre le terrorisme et de façon générale contre toute forme d’insécurité dans les trois pays qui la composent. Car, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qu’ils ont quittée, s’était montrée très peu engagée à leurs côtés pour lutter contre le terrorisme. Se sentant donc presque abandonnés, Tiani, Goïta et Traoré ont décidé de prendre leurs responsabilités en créant l’AES, devenue plus tard la Confédération AES. Aussi, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme pour la reconquête de l’intégrité territoriale de l’espace confédéral, des acquis ont été engrangés.
En effet, même si la lutte contre l’hydre terroriste qui ne veut pas abdiquer se poursuit, il n’en demeure pas moins que des zones naguère occupées ont été libérées et les populations réinstallées dans leurs localités où elles mènent tranquillement leurs activités. Au Mali par exemple, la ville de Kidal, autrefois sanctuaire des groupes terroristes et sécessionnistes est libérée. L’administration malienne y est retournée et la ville vit. Au Burkina Faso, les groupes terroristes aujourd’hui se sont retranchés dans quelques zones du Nord, du Sahel et de l’Est où ils subissent régulièrement les assauts de l’armée. Autant dire qu’ils jouent leur dernier baroud d’honneur.
L’autre défi de l’AES, c’est sur le plan économique et du développement de façon générale. Là aussi, des acquis sont perceptibles ou en voie de l’être. Les instruments économiques sont en train d’être mis en place dans ce sens pour une économie véritablement intégrée et un développement harmonisé et harmonieux entre les trois pays. A ce titre, la création d’une monnaie devrait venir consolider tous ces efforts qui sont faits. Mais, tout cela ne suffit pas car les attentes des peuples de l’AES sont telles qu’il faut aller avec prudence, mais vite. Aussi, un gros travail reste à faire et à poursuivre pour une mobilisation générale plus forte autour des objectifs de l’AES dont les fruits ne peuvent être consommés tout de suite et maintenant comme certains le voudraient.
Dabaoué Audrianne KANI
