Autant le dire : actions concrètes et résultats concrets, le Premier ministre a raison

Présidant la rencontre des ministres du Commerce de l’espace Alliance des Etats du Sahel (AES), le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a indiqué en ce qui concerne la fluidification du commerce intra-AES, les tracasseries et les rackets que le président en exercice de la conférence des Chefs d’Etat, le Capitaine Ibrahim Traoré, « nous instruit de prendre des résolutions pragmatiques, visibles tout de suite sur le terrain et qui facilitent la tâche aux citoyens de l’AES ».

Le 5 juin dernier à la session 2026 du Comité d’orientation stratégique du Plan RELANCE 2026-2030, il prévenait à la tribune que « L’heure n’est plus aux ambitions modestes. Elle est à l’audace, à la discipline, à l’innovation et au sacrifice patriotique. Notre peuple attend de nous des résultats concrets, visibles et durables ».

A l’analyse, on peut dire que le Premier ministre a bien raison. Car, les peuples dans les pays de l’AES et dans l’AES elle-même, demandent des actions concrètes qui produisent des résultats concrets. Ils veulent vivre en paix, dans le progrès et le bien-être. Ils veulent aller et revenir comme ils veulent sans tracasseries et sans être rackettés. Ils veulent bâtir une économie commune, forte et durable. Pour cela, ils attendent de leurs dirigeants qu’ils posent les vrais problèmes qu’ils rencontrent et qu’ils leur trouvent des solutions « qui facilitent leurs tâches ».

Il faut le savoir, les peuples sont ingrats. Ils soutiennent quand ils espèrent. Mais quand l’espoir se dissipe par manque de résultats sur le terrain, ils changent de posture.

Que ce soit dans nos pays ou dans l’espace AES, les citoyens ont des préoccupations pressantes auxquelles ils veulent et attendent impatiemment qu’on trouve des solutions. Doivent-ils encore attendre plus longtemps ? Il est vrai qu’apporter un développement concret et durable dans le contexte que les autorités au pouvoir sont arrivées aux affaires, est une véritable gageure. Car, même si tout n’est pas à reprendre, il y a beaucoup à défaire pour mieux reprendre. Et ce n’est pas en si peu de temps qu’on peut y arriver. Autrement, les citoyens de l’AES doivent savoir prendre leur mal en patience.

Mieux, ils doivent eux aussi se mobiliser et s’engager auprès des décideurs. Car l’AES en tant qu’organisation ne peut concrétiser un développement. Les Présidents et les gouvernements dans nos différents pays ne peuvent concrétiser un quelconque développement sans l’adhésion et l’accompagnement franc des citoyens. Si « l’heure n’est plus aux ambitions modestes », elle n’est pas non plus à l’attentisme. Les choix politiques et les options prises dans les trois pays de l’AES et dans l’ASES elle-même, doivent être assumés entièrement. Il ne suffit pour les citoyens d’applaudir les dirigeants ; de chanter tous les jours leurs louanges ou encore de diffuser des slogans creux. Il est temps que tous les soutiens du bloc AES dans tous les secteurs prennent la réelle mesure de la responsabilité de chaque acteur et de travailler effectivement à jouer sa partition. Car tôt ou tard, chacun devra rendre compte de ses actions, assumées ou non.

Dabaoué Audrianne KANI