Unité nationale et valorisation du patrimoine : les étudiants Bwa du Guiriko sonnent la mobilisation

 

La cité universitaire de Koubawoué a abrité du 13 au 14 juin 2026, la 2ème édition des 48 heures de l’étudiant Bwa du Guiriko. Au-delà des festivités, l’initiative s’impose comme un moment de retrouvailles et de discussions autour de l’unité nationale, la valorisation du patrimoine et la notion d’entraide.

À travers ces 48heures, l’association des étudiants Bwa invite les communautés du Burkina Faso à se soutenir mutuellement, tout en plaçant le respect des coutumes au centre des échanges, car c’est dans l’ancrage des traditions que se trouve la clé de l’avenir. Le programme de cette cérémonie a débuté par une collecte de sang, une action concrète menée par les étudiants pour venir en aide aux malades dans les centres de santé, avant de laisser la place à des animations et à une conférence ouverte au public. Les participants ont partagé des instants de sports et de découvertes, des expositions traditionnelles de la culture Bwa, pour ensuite se retrouver autour d’un match de football opposant des communautés liées par la parenté à plaisanterie. Une pratique qui permet de dissiper les tensions par le rire et de montrer la joie de vivre ensemble. Pour mener les réflexions, les membres du comité d’organisation ont retenu un sujet qui parle au quotidien de chacun : «la parenté à plaisanterie, un levier de cohésion social et de consolidation de la paix au Burkina Faso». Le choix de ce thème répond aux attentes de la population à une époque où le dialogue s’avère indispensable pour rapprocher les esprits. Cette coutume reçue des ancêtres sert de pont entre les familles en facilitant la discussion, le pardon et la tolérance lors des rencontres de tous les jours.

La parenté à plaisanterie pour désamorcer les crises

Pour Alain Mihin, le patron de ces journées, les populations peuvent rire de  leurs différences sans jamais remettre en cause leur unité. «L’initiative nous rappelle que notre diversité n’est pas une menace, mais bien au contraire une richesse.» fait -t-il savoir. La communauté Bwa porte en elle une histoire de partage, et ce rendez-vous selon le patron de la cérémonie sert de canal pour transmettre ces repères aux nouvelles générations. L’idée principale consiste à s’appuyer sur les racines pour ouvrir des espaces de parole et lier les personnes de toutes origines vivant au Burkina Faso. En invitant dans un même espace les étudiants, les représentants de l’administration, les chefs coutumiers et les familles, l’association souhaite que chacun s’implique afin de bâtir des relations solides. Cette démarche prouve que la jeunesse choisit de travailler à la construction de liens pour consolider la vie en société. Allassane Dramane Bayé, qui préside le comité d’organisation, a résumé le sens de cet engagement en partageant ces mots : « la culture n’est pas seulement un héritage à conserver, elle est également un outil de développement, d’éducation citoyenne et de la construction de la paix. Par ces mots, celui-ci souligne le rôle de l’étudiant Bwa, qui devient un acteur du changement grâce à la culture. Les 48 heures des étudiants Bwa se sont achevées avec la volonté de dépasser les barrières de compréhension pour permettre aux citoyens de s’accorder sur des repères communs, dans le respect des traditions de chacun.

Judicaël DOFINI