
S’il y a des usagers de la route qui créent le désordre et l’insécurité dans les grandes villes, c’est bien les conducteurs de tricycles. Comme des anguilles, ils faufilent entre véhicules, motocyclistes et piétons. Au mépris des règles élémentaires du code de la route. La plupart des conducteurs de tricycles n’ont pas de permis de conduire alors qu’ils ont l’obligation de posséder au moins le permis A. Tout comme les motocyclistes. Malheureusement, c’est très peu le cas. Et puis, il n’y a rien. Par conséquent, il n’est pas surprenant qu’ils constituent l’une des principales causes des accidents graves de la circulation dans les villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso.
Alors que le décret n°2012-559/PRESS/PM/MTPEN/MEF/MICA leur interdit de transporter des passagers, ils les transportent au vu et au su de tous. Y compris de ceux qui sont sensés appliquer les textes. Le comble, ils sont rarement inquiétés. Pire, ils ont réussi à concurrencer les taxis et à réduire le métier de taximen à sa plus petite expression. Ainsi, rares sont les taximen qui arrivent à faire de ce métier un gagne-pain. Le taxi qui devrait être la vitrine de nos villes, peine à assurer cette fonction. Les initiatives de relance des taxis de qualité dans les villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso ont toutes échoué. Les tricycles, disons-le encore, sont même en train de concurrencer les bus. Et puis, on en parle très peu. Ils ne doivent pas être en circulation dans les villes au-delà de 20 heures. Une autre mesure les concernant, mais jamais respectée. Certains sont parfois en ville à de heures tardives, bien au-delà de 20 heures. Si ce n’est de l’impunité et du laxisme, ça y ressemble.
Après avoir obligé les motocyclistes à porter le casque ; réussi à contraindre les automobilistes au port de la ceinture de sécurité, puis introduit la e-verbalisation pour traquer les « troubleurs » de la circulation, le temps semble venu de voir sérieusement le cas de l’utilisation des tricycles dans la circulation.
D’abord, il faut les obliger à respecter les termes du décret portant interdiction du transport des passagers. A défaut, il faut l’abroger. Car il ne sert à rien de prendre un décret et ne pas le mettre en œuvre.
Ensuite, il est important de créer des itinéraires que peuvent emprunter les tricycles. Autrement, il y a des axes sur lesquels il faut interdire la circulation des tricycles. Ce qui permettra de rendre la circulation plus fluide et minimiser les cas d’accidents.
Enfin, il ne serait pas mauvais de rendre à sens unique certaines rues des centres-villes. Au moment où il est appliqué la limitation de vitesse, les sens uniques devraient en principe permettre d’aller plus vite tout en respectant la limitation de vitesse.
Si on estime que les tricycles créent de l’emploi pour les jeunes, les taxis n’en créent pas moins. Du reste, entre la sécurité, la vie et l’emploi, le choix est vite fait. Les conducteurs de tricycles doivent être mis à la même enseigne que tous les autres usagers. A moins que ce soit « chacun son tour chez le coiffeur ».
Dabaoué Audrianne KANI