Autant le dire… :inondations, nous savons quoi faire, alors faisons-le

Chaque année, c’est le même scénario. Dès que les premières gouttes de pluie tombent, les Burkinabè soupirent entre soulagement et inquiétude. Soulagement, parce que la pluie est synonyme de vie, de semailles et d’espoir pour les agriculteurs et nous le savons, le Burkina Faso en compte un grand nombre. Inquiétude, parce que la saison des pluies rime aussi avec inondations, destructions, et parfois morts d’hommes, malheureusement.

Cette saison des pluies 2025 ne fait pas exception. Le pays sera confronté à une « pluviométrie excédentaire anormale de juillet à septembre 2025 ». C’est l’Agence Nationale de la Météorologie (ANAM) qui l’a annoncé lors d’un point de presse tenu le 24 juillet dernier. « Ces risques pourraient entre autres entraîner la baisse de la production agricole pour les cultures non tolérantes à l’excès d’eau et aux longues séquences sèches, la baisse de la production animale, la perte du bétail, de probables inondations ainsi que de probables cas de maladies zoo sanitaires. Les risques de catastrophes naturelles… sont à signaler », a prévenu l’ANAM, citant de probables cas d’inondations pluviales. À force de vivre avec, on s’habitue presque. Mais faut-il vraiment s’y résigner ? Bien sûr que non ! Il est vrai que les inondations sont des phénomènes naturels, mais force est de reconnaitre que l’action anthropique donne un bon coup d’ampleur à la chose. Les caniveaux bouchés, les habitations construites dans les zones inondables, les ordures abandonnées à chaque coin de rue, tout cela transforme une simple pluie en cauchemar collectif. Pourtant, ce n’est pas faute de savoir quoi faire. Il existe des gestes simples, à la portée de tous. Eviter de jeter des ordures dans les caniveaux, s’éloigner des zones à risque pendant la saison des pluies, suivre les consignes de sécurité en cas d’alerte. Les autorités, elles, doivent intensifier les actions de prévention comme le curage régulier des caniveaux, pour les quartiers qui en ont, car dans plusieurs villes, ce n’est pas le cas. Les autorités doivent aussi accentuer les répressions contre les constructions anarchiques et l’éducation des citoyens à l’hygiène et à l’environnement. La résilience commence par la responsabilité individuelle avant celle collective. Ce pays a montré, dans bien des domaines, qu’il sait se mobiliser quand il le faut. Pourquoi ne le ferait-il pas pour protéger ses citoyens des inondations ? La pluie devrait être une bénédiction. À nous de faire en sorte que les saisons des pluies ne soient plus synonymes de drame au Burkina Faso. Cela passe par une prise de conscience collective, des actes concrets, et une volonté politique ferme. Sinon, l’eau continuera de tout emporter. En attendant, la saison des pluies n’est pas terminée. D’autres orages sont à venir, l’ANAM nous l’a dit, d’autres risques guettent.

Abdoul-Karim Etienne SANON