Autant le dire : le disque du système occidental est rayé

Les Occidentaux ne se rendent toujours pas compte que leur système est dépassé. En tout cas, dans l’espace de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (Confédération AES) et dans la plupart des pays africains, le système européen de démocratie et de gouvernance ne mystifie et n’emballe plus personne. Tout porte à croire que le masque est tombé. Il ne reste plus qu’à l’enterrer définitivement. Malheureusement, l’entêtement de certains dirigeants occidentaux qui pensent le contraire n’arrange pas davantage les choses. Au contraire, il contribue à renforcer encore plus la conviction que le système européen est en décadence. En la matière, les exemples ne manquent pas.

 

Beaucoup de peuples africains ont compris que la démocratie telle que conseillée par les Occidentaux est loin d’être la solution à leurs préoccupations. De nombreux pays africains ont expérimenté la démocratie à l’occidentale, mais le résultat est que, telle quelle, elle crée plus de problèmes qu’elle n’apporte de solutions. Dans plusieurs pays africains, la création des partis politiques a contribué à diviser davantage les populations, jusque dans les villages et même dans les familles.

 

Le capitalisme européen a contribué à disloquer des familles, à renforcer l’individualisme et la course à l’argent et aux biens matériels au détriment du bien commun, de la fraternité et de la solidarité, valeurs pourtant très importantes qui font la force des communautés en Afrique. La pseudo-liberté d’expression et de manifestation qu’offre le système démocratique occidental a contribué à créer plus de désordre et d’indiscipline en Afrique, où le contrôle de la parole fait partie de l’éducation de l’enfant avant même qu’il ne commence à prononcer ses premiers mots.

 

Les violentes manifestations en cours en France et, un peu plus pacifiques, en Belgique, où des lycéens tancent à vive voix les gouvernements, montrent un système occidental qui ne peut plus faire recette en Afrique. En Afrique, même quand l’enfant doit réclamer, il le fait dans un cadre bien défini où il envoie toujours un porte-parole pour plaider sa cause. Il y a des propos qu’un enfant ne doit pas tenir devant un adulte. C’est pourquoi de nombreux Burkinabè n’ont pas apporté leur caution aux manifestations que des élèves et étudiants ont tenues au cours des années dites de démocratie.

 

Malheureusement, les Occidentaux ne sont pas aidés dans le contexte actuel par leurs médias, dont certains refusent jusqu’à présent de prendre conscience que l’Afrique n’est plus l’Afrique des misères, des famines, des maladies, des catastrophes, des guerres et des conflits ethniques qu’ils montraient. Les Africains ont compris que ces conflits étaient entretenus en grande partie, pour ne pas dire dans leur totalité, par des pays occidentaux pour en tirer profit. Tant qu’il y a des guerres et des conflits, ils vendent bien leurs armes et font également main basse sur les ressources naturelles. Les peuples africains ont désormais compris que cela a toujours été fait à dessein pour les maintenir dans un esprit de dépendance. En vérité, les Occidentaux n’ont jamais été véritablement intéressés par le développement des pays africains. Tant qu’ils pouvaient en profiter, on y va. Aujourd’hui, ce disque est rayé et les Africains ont décidé d’assurer leur développement par eux-mêmes et pour eux-mêmes. L’Occident n’est plus le partenaire principal. C’est comme ça !

Dabaoué Audrianne KANI