Alors que certains producteurs agricoles sont à la recherche des engrais à des prix accessibles parce que subventionnés par l’Etat, des commerçants les ont sur leurs étals qu’ils revendent aux prix qu’ils fixent eux-mêmes. Entre 24 000 FCFA le sac de l’engrais NPK et 26 000 le sac d’urée. La première question qu’on se pose est celle de savoir où ces commerçants ont-ils eu ces engrais dont les sacs sont clairement estampillés SOBIMAP (Société burkinabè d’intrants et de matériels agropastoraux) et du drapeau national ? Si ce sont des producteurs qui revendent des engrais, il faut les identifier et les mettre hors d’état de nuire. Car ce ne sont pas de vrais producteurs agricoles !
A croire que certaines pratiques ont la peau dure au Faso. Sinon, comment comprendre que malgré les mesures prises pour approvisionner les producteurs agricoles et prétendre atteindre l’autosuffisance alimentaire, des gens trouvent les moyens de racheter ces engrais pour les revendre plus chers ? Les rendant ainsi inaccessibles aux producteurs. Est-ce à dire que le ministère de l’Agriculture est si impuissant face à ces spéculateurs ? Si ce n’est pas du sabotage de l’initiative présidentielle pour la production agricole et l’autosuffisance alimentaire au Burkina Faso, ça y ressemble.
Tant que les décisions ne seront prises pour empêcher la vente des intrants et du matériel agricoles par de simples commerçants véreux assis aux bords des routes ou dans des marchés parfois clandestins, notre agriculture ne connaitra un décollage rapide et définitif. Car, tous ces gens n’ont d’oreille que pour le gain facile. Et ce sont les mêmes qui, dès les premières récoltes, sillonnent les champs et les campagnes pour racheter aux producteurs à des prix dérisoires leurs productions.
Ainsi, après avoir spéculé sur les prix des intrants pourtant subventionnés par l’Etat, ils spéculent sur les productions agricoles. Il faut nécessairement mettre fin à cette spirale de spoliation (c’est le terme) des producteurs agricoles. Car eux aussi ont besoin de vivre décemment ; de construire de belles maisons et de rouler dans de grosses voitures ; d’inscrire leurs enfants dans les plus grandes écoles ; d’aller se soigner dans les grands hôpitaux.
Autant le gouvernement garantit chaque fin du mois les salaires des travailleurs de la fonction publique, autant il doit garantir les revenus des producteurs agricoles et partant, de tous les Burkinabè. Car, il lui incombe de créer les conditions pour que tous les Burkinabè vivent dans des bonnes conditions chez eux, au Burkina Faso sur le territoire de leurs ancêtres. C’est d’ailleurs la philosophie de la Révolution Progressiste Populaire (RPP) qui s’est donné pour mission de booster le développement dans tous les secteurs afin de créer l’Eldorado dont nous rêvons afin que les Burkinabè vivent bien.
C’est pourquoi, tous ceux qui se mettent volontairement ou involontairement au travers de cette dynamique doivent être traités comme des ennemis de la nation. On ne peut pas admettre que quelques individus, par pur égoïsme, sapent tous les efforts de tout un peuple qui aspire à l’autosuffisance alimentaire et à la souveraineté. Apparemment, certains n’ont pas encore compris le sens du combat qui se mène actuellement.
Dabaoué Audrianne KANI
