
Si les Etats-Unis et Israël peuvent se réjouir d’avoir tué le guide la révolution iranienne, l’Ayatollah Khamenei, ils doivent savoir qu’ils viennent de créer un véritable désordre en Iran et probablement dans toute la région. Ils ont certes coupé la tête, mais ils ne peuvent pas mettre fin aussi facilement à 37 année de révolution. Si en Iran il y a ceux qui se réjouissent dans les rues de la mort de Khamenei d’un côté et ceux qui pleurent à chaudes larmes de l’autre, cela signifie que les Etats-Unis et Israël n’ont pas résolu le problème pour lequel ils sont intervenus en Iran.
Au contraire, ils ont contribué à radicaliser les positions et à opposer davantage les Iraniens les uns contre les autres.
Entre 1992 et 1995, les Etats-Unis sont intervenus en Somalie dans un premier temps dans le cadre de l’opération Restore Hope qui visait à sécuriser la distribution de l’aide alimentaire alors qu’il se déroulait en Somalie une guerre civile et y régnait aussi la faim. En octobre 1993, les Etats-Unis lancent une autre opération (Task Force Ranger) dont l’objectif était de capturer les chefs de guerre. 18 soldats vont y perdre la vie. Les Etats-Unis se retirent rapidement sans jamais parvenir à pacifier la Somalie. Depuis, le pays est divisé et ne connait pas véritablement la paix.
En Irak, sous le fallacieux mensonge que le pays détenait des armes de destruction massive, ils l’ont attaqué en 2023, renversé et tué Saddam Hussein. Ladite bombe nucléaire n’a jamais été retrouvée et le pays est depuis dans l’instabilité. L’opération liberté n’a jamais ramené la liberté en Irak.
En Afghanistan, de 2001 à 2021, les Etats-Unis ont mené l’une des plus longues guerres pour déloger Al-Qaïda et renverser les Talibans suite aux attaques du 11 septembre. Cette guerre s’est soldée par le retrait dans des conditions chaotiques des troupes américaines qui n’ont jamais réussi leur mission. Les Talibans ont repris le pouvoir et y règnent actuellement.
Sous le couvert de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), la France avec le soutien des Etats-Unis et plusieurs autres pays membres sont intervenus en Libye en 2011, ont tué Mouammar Kadhafi, le guide de la Révolution libyenne et renversé son régime. Depuis cette intervention, le pays est divisé et n’a jamais retrouvé la paix. Pire, les armes déversées dans le cadre de ce conflit ont servi à alimenter des groupes armés terroristes qui, depuis plus de dix ans, attaquent, tuent ou pillent des populations dans le Sahel, notamment au Mali, au Niger et au Burkina Faso.
En intervenant militairement (pour la deuxième fois) après avoir tenté en vain par les manifestations de renverser le régime iranien, les Etats-Unis et Israël démontrent qu’ils demeurent la première puissance militaire mondiale. Et que de ce fait, ils peuvent renverser ou tuer tous dirigeants avec lesquels ils ne sont pas en phase. Ils l’ont démontré très récemment au Venezuela en enlevant le président élu Nicolas Maduro, accusé de trafic de drogue. Mais en réalité, la seule force militaire ne suffit pas pour régenter des dirigeants et vouloir instaurer un quelconque ordre dans lequel les populations ne se reconnaissent pas.
Dabaoué Audrianne KANI