Bobo-Dioulasso :il utilisait des faux billets pour effectuer des dépôts sur son compte

N.J, un employé de commerce, a comparu devant le tribunal correctionnel de Bobo-Dioulasso en son audience de session spéciale de pôle économique et financier, le mardi 15 avril 2025. Il est poursuivi pour des faits de faux monnayage, d’escroquerie et de blanchiment de capitaux.

 

Courant les années 2024 et 2025, le prévenu N. J, a pris pour cible des boutiques de mobile money de la ville de Bobo-Dioulasso pour commettre ses forfaits. Son plan consistait à utiliser des faux billets pour effectuer des dépôts d’argent sur son compte.  Pour réussir à faire circuler les faux billets, il joint un bon billet aux faux billets. La majeure partie des victimes n’arrivait pas à détecter sur place s’il s’agissait des faux billets ou pas. C’est ainsi qu’il a pu faire 18 victimes portant sur la somme de 2 millions de F CFA. Selon les victimes, le monsieur se rendait dans leurs boutiques de mobile money avec des faux billets. Arrivé, il demandait à effectuer un dépôt sur son numéro de téléphone. Si la personne ne contrôle pas l’argent pour savoir si ce sont des faux billets, elle fait le dépôt et N. J disparaît. Selon les déclarations de plusieurs victimes à la barre, certains d’entre eux ont réussi à faire bloquer leur argent après avoir pris connaissance de ces faux billets. Heureusement pour eux, le présumé auteur de ces faits sera arrêté par la police. Il sera déféré devant le parquet qui l’a déposé à la Maison d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso.

Le prévenu reconnait les faits

Devant le tribunal, le prévenu N. J reconnaît les faits qui lui sont reprochés. Quand le juge lui demande d’expliquer comment il a procédé. «J’ai quitté Kampti pour aller chercher mon argent de machines que j’ai vendues. L’argent qui m’a été donné contenait des faux billets d’une valeur de 350 000 F CFA. Maintenant, si j’arrive dans une boutique de mobile money, je demande à faire un dépôt et si la personne ne vérifie pas pour savoir si ce sont des faux billets, ça passe», répond-il. Et au prévenu d’ajouter que «je mélange souvent un bon billet au milieu des faux billets pour tromper les gens». À la question du juge de savoir ce que le prévenu a fait de l’argent issu de faux monnayage, N.J répond que «j’ai eu 1 100 000 F CFA en tout. J’ai donné 500 000 F CFA à un huissier de justice qui devait gérer un de mes dossiers. Le reste des 600 000 F CFA, je l’ai utilisés pour payer une machine à détecter l’or que je devais à quelqu’un au Benin».

Le parquet demande au prévenu comment il fabrique les faux billets ? «Je ne fabrique pas monsieur le Procureur, je les prends avec quelqu’un à Kampti», dit-il à haute voix.

Autre question du juge est de savoir pourquoi le prévenu a choisi Bobo alors qu’il réside à Ouagadougou. Il répond avoir remarqué que les Bobolais sont négligents. Ils n’ont pas de machine de détection de faux billets, ils ne vérifient pas l’identité. «Moi aussi, j’ai essayé et c’est passé». À la fin des débats, toutes les victimes ont réclamé leur argent.

Réquisitions du Procureur 

Le Ministère public a estimé que les faits de faux monnayage reprochés au prévenu sont constitués conformément à l’article 371-7 du code pénal. Le parquet précise que les billets saisis ont été attestés faux par la BCEAO. Il dit que les faits d’escroquerie et de blanchiment de capitaux sont également constitués. Pour le sanctionner, le Parquet a requis contre lui la peine de 10 ans et une amende de 20 millions de F CFA, le tout ferme. En outre, le Procureur a demandé la confiscation du scellé contenant des faux billets et des téléphones portables ayant servi à commettre les infractions.

Le tribunal a mis le dossier en délibéré pour le jeudi 17 avril 2025.

Ben Alassane DAO