Bobo-Dioulasso : le poisson importé se fait rare

La pénurie se voit à l’oeil nu dès l’entrée de la poissonnerie. Confrontés à un manque des volumes de poisson depuis quelques jours, les marchés assistent à une véritable course contre la montre. Chaque nouvelle livraison est épuisée en un instant par une clientèle aux aguets, confirmant l’ampleur d’un manque de marchandise qui commence à peser sur le quotidien des ménages.

Pour faire face à cette vitesse d’écoulement, les personnes qui exercent l’activité de revente s’installent sur les lieux pour monter la garde dans l’espoir d’obtenir satisfaction. Ces commerçants anticipent l’arrivée des produits de manière à recevoir le service en priorité et à figurer en tête de file lors de la distribution.

L’approvisionnement du pays repose sur des importations en provenance de la Côte d’Ivoire, ainsi le souligne Lamine Sanogoa, un grossiste d’une importante poissonnerie à Bobo Dioulasso. « La provenance des poissons est diverse, mais généralement cela vient du Sénégal, la Mauritanie, la Côte-d’Ivoire et le Bénin. Dès que le poisson arrive, ça finit aussitôt et il faut attendre le prochain ravitaillement », a-t-il fait savoir. Il ajoute que les transporteurs de marchandises enregistrent actuellement des retards de livraison, ce qui prolonge le temps d’attente des grossistes.

Selon Ali Bakayogo, un revendeur venu se ravitailler, « nous sommes là depuis le matin à  attendre l’arrivée des camions de ravitaillement du poisson, mais ça tarde. On va rester là jusqu’au soir, tout cela pour avoir une chance de satisfaire nos clients », a-t-il déclaré

Le manque de marchandise cible des catégories de la production, puisque les poissons qui font défaut sur les étals en ce moment sont le maquereau, le chinchard et les carpes. Les acteurs du secteur ainsi que les ménages adaptent leurs habitudes de consommation en attendant un retour à la régularité des flux.

Judicael DOFINI