Côte d’Ivoire, qu’est-ce que Macron a à voir dedans ?

La crise politique qui oppose l’opposition et la majorité en Côte d’Ivoire après la déclaration et le dépôt de la candidature d’Alassane Ouattara à la présidentielle du 31 octobre prochain, s’est transportée ces jours-ci au bord de la Seine. A l’Elysée (devant le président français Emmanuel Macron) et dans la presse française. Alassane Ouattara lui est en France pour deux semaines. Au cours de son séjour, il devait avoir un déjeuner hier avec le président français. Pendant ce temps, sa majorité s’est répandue dans les journaux français pour défendre la légalité de son troisième mandat. L’opposition elle, restée à Abidjan est présente en France à travers plusieurs courriers que les principaux leaders et candidats à la présidentielle (Henri Konan Bédié, Guillaume Soro et Affi N’Guessan) ont adressés au président français.

En effet, l’opposition ivoirienne fait, d’abord au président français, le point de la situation politique en Côte d’Ivoire qui s’est fortement dégradée après la déclaration de candidature du président Ouattara. Ensuite, l’opposition demande au président français son intervention, lui qui avait salué en mars dernier la décision du même Ouattara de se retirer pour laisser la place à une jeune génération. A cette demande, le président français a répondu par le biais de son chef de cabinet que «c’est bien volontiers qu’il vous aurait apporté une aide, mais le principe de souveraineté des Etats ne permet pas à la Présidence de la République française d’intervenir dans le dossier que vous évoquez». Point !

Le cabinet du président Macron ne pouvait pas mieux répondre à cette demande d’intervention. En Afrique, on veut d’une chose et de son contraire. On a toujours reproché aux pays occidentaux, notamment à la France, leur intervention pour ne pas dire leur ingérence dans nos affaires internes. D’où vient alors que des opposants et candidats, aspirant à gouverner un pays souverain, appellent-ils un autre président, en l’occurrence celui qui a toujours été traité d’ingérence, à venir intervenir dans leur pays ? C’est bien incongru ! C’est à la limite inadmissible et indigne.

Ce qui serait incompris, c’est si la Présidence française s’était directement saisie de la situation en Côte d’ivoire. Ce qu’elle ne peut, puisque ce qui se passe en Côte d’Ivoire est du fait des Ivoiriens. Par conséquent, il leur revient, à eux seuls, de trouver des solutions internes à leur crise pré-électorale. La France ou tout autre pays ne peut intervenir qu’en cas de nécessité absolue. Autrement, si les intérêts de la France ou de tout autre pays sont directement menacés, celui-ci est en droit d’intervenir uniquement pour les protéger. Du reste, la France et tout autre pays, de la sous-région ou non, ne peut rester indifférent si la situation en Côte d’Ivoire pourrait déstabiliser toute la région.

Qu’on se le tienne pour dit : autant nous n’avons droit d’intervenir dans la politique intérieure de la France, autant la France ne doit et ne peut intervenir directement dans nos politiques intérieures. Que les Ivoiriens résolvent leur problème qu’ils ont eux-mêmes créé.

Dabaoué Audrianne KANI         

 

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