Crise au Mali, vers un président sans réels pouvoirs ?

La crise au Mali va encore faire l’actualité. Si les chefs d’Etats de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui se réunissent aujourd’hui lundi 27 juillet ne voudront pas négocier le départ de leur homologue Ibrahim Boubacar Kéïta, ils risquent de sacrifier le gouvernement, l’Assemblée nationale et la Cour constitutionnelle. Après la commission et la mission des cinq chefs d’Etat du 23 juillet qui n’y ont rien pu, la Communauté ouest-africaine a enfin pris effectivement la mesure de la situation. En décidant donc de se réunir en urgence, à travers une visioconférence, les chefs d’Etat ont compris qu’à Bamako, « le peuple est débout » et veut bien prendre ses responsabilités face à son avenir.

En effet, comme à son habitude, la CEDEAO a montré au début de la crise, tous les signes de sa non-maitrise des vrais problèmes qui sont posés au Mali. S’il faut à tout prix sauver le fauteuil d’Ibrahim Boubacar Kéïta (la ligne rouge selon le président nigérien), il sera assez difficile de trouver une solution à la crise au Mali sans prendre en compte les réelles préoccupations des protestataires. Il est reproché à IBK d’avoir laissé la Mali entre les mains de personnes qui n’ont pas été élues et qui n’ont pas les compétences requises. On lui reproche de n’avoir pas tenu ses engagements.  D’où la déliquescence de la situation sociopolitique du pays. Même si la démission d’IBK pourrait plonger le pays dans une grave crise et créer un précédent, la CEDEAO gagnerait à bien manager la situation au Mali. Le fauteuil d’un président, même constitutionnellement élu, peut-il passer avant les intérêts exprimés de son peuple ? IBK a été élu par les Maliens dont une grande partie le conteste aujourd’hui.

En effet au Mali, le diagnostic pour une sortie de crise n’a pas été bien posé dès le départ. Si des leaders en sont venus à demander au président sa démission, c’est faute d’avoir trouvé des réponses aux préoccupations des Maliens. Au lieu d’affronter la crise, on a voulu faire du dilatoire. Raidissant ainsi les positions du mouvement du 5-Juin/Rassemblement des forces patriotiques. Sur les plans économique, social, politique et sécuritaire, les contestataires ont constaté que le Mali s’enfonce chaque jour davantage dans le chaos. Sans que des mesures convaincantes ne soient prises  par IBK et son pouvoir. Les questions politiques nées des résultats des législatives ne sont que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Démontrant ainsi que le président ne maîtrise pas la situation qui prévaut dans son pays. D’où la naissance du mouvement. Dont les premières actions n’étaient en réalité que des mises en garde, comme le ferait toute contestation qui se veut sérieuse. Maintenant qu’on est passé à la dernière vitesse (du fait du pouvoir malien et des négociateurs), tout le monde retient son souffle. Ibrahim ne sera pas le mouton du sacrifice de la Tabaski. Cependant, il pourrait se retrouver sans véritable pouvoir de décision.

Dabaoué Audrianne KANI

 

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