Fête du travail :comment est-on passé à 8 h de travail / jour?

La Fête du travail, célébrée le 1er mai dans de nombreux pays, trouve ses origines dans le mouvement ouvrier du XIXe siècle, notamment aux États-Unis.

 

Le 1er mai 1886, les syndicats américains lancent une grève générale pour revendiquer la journée de travail de huit heures. À Chicago, cette mobilisation donne lieu à la révolte de Haymarket, marquée par une violente répression policière et plusieurs morts.

En hommage aux ouvriers de Chicago, appelés les « Martyrs de Haymarket », la Deuxième Internationale socialiste (réunion de partis socialistes en 1889 à Paris) décide de faire du 1er mai une journée internationale de revendication ouvrière à partir de 1890. Dans de nombreux pays, le 1er mai est un jour férié et chômé, symbole des luttes sociales et des droits des travailleurs. En effet, en 1886, les syndicats américains ont lancé des grèves de masse pour réclamer une journée de huit heures, sur la base d’une idée du réformateur social britannique Robert Owen. Il a formulé l’objectif d’une journée de travail de huit heures avec le slogan « huit heures de travail, huit heures de récréation, huit heures de repos ». La plus grande grève a eu lieu à Chicago le 1er mai et a rassemblé environ 40 000 travailleurs. À l’époque, il était normal d’effectuer des travaux pénibles dans les usines, sans horaires de travail fixes ni jours de repos. À l’époque, Chicago est le cœur de l’industrie américaine et le centre de l’organisation syndicale. Dans les jours qui suivent, les manifestations – qui ne sont pas vues d’un bon œil par les milieux économiques et politiques – sont rejointes par des dizaines de milliers d’autres travailleurs mécontents et par des anarchistes. Les anarchistes étaient alors des personnes qui s’opposaient à une société structurée autour de la règle et de l’application des lois. Les tensions étaient vives et les affrontements entre la police et les manifestants ont fait au moins un mort et plusieurs blessés. Exaspérés par les brutalités policières, les dirigeants syndicaux et les grévistes organisent des manifestations le lendemain, 4 mai, sur la célèbre place Haymarket de Chicago. Un agresseur encore inconnu lance une bombe sur la police et, à cause de l’explosion et de la panique qui s’ensuit, sept policiers meurent et des dizaines d’autres sont blessés. Au moins quatre grévistes ont également été tués et plus de 30 ont été blessés. À la suite de ce que l’on a appelé le massacre de Haymarket ou l’affaire de Haymarket, huit anarchistes ont été accusés de meurtre et certains d’entre eux ont été condamnés à mort, bien que leur culpabilité n’ait jamais été véritablement établie. En 1889, il a été décidé de commémorer ces événements le 1er mai lors du premier congrès de la Deuxième Internationale, une réunion des partis socialistes et ouvriers et des représentants syndicaux de 20 pays.

Aymeric KANI