Finalement, ce sont les ministres qui dirigent les listes de candidatures

Le constat est implacable. Après la clôture des dépôts des listes des candidats aux législatives de novembre, on se rend tout de suite compte que ce sont les ministres du gouvernement de Christophe Joseph Marie Dabiré qui occupent la tête de liste dans la plupart des provinces où ils ont voulu être candidats. A moins qu’ils aient été contraints. Que ce soit au Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), au Parti pour la renaissance (PAREN), à l’Union pour le renaissance/Parti Sankariste (UNIR/PS), tous les ministres sont dans les rangs à la conquête d’un siège à l’Assemblée nationale. Ce qui appelle deux analyses importantes.

La première est que les partis politiques actuellement à l’Assemblée nationale se sont rendus compte qu’ils ne peuvent pas compter sur les actuels députés pour remporter la majorité. La plupart d’entre eux étant peu connus. En d’autres termes, cela remonte aux élections de 2015 où ces partis avaient fait avec ce qu’ils avaient sous la main. Aujourd’hui, les données politiques ont changé et il faut recomposer sérieusement la classe politique. Surtout à l’Assemblée nationale où on a besoin de matière grise de qualité pour légiférer, consentir l’impôt et contrôler l’action du gouvernement sur le terrain. Car pour son deuxième mandat, le président Roch Marc Christian Kaboré aurait besoin d’hommes et de femmes capables d’impulser véritablement le développement. C’est de cela que les Burkinabè ont besoin. Le président, son parti et tous les autres qui l’accompagnent en sont véritablement conscients. Du reste, les législatives et la présidentielle se déroulant en même temps, ils n’ont pas le choix que de descendre dans l’arène pour soutenir et faire gagner le président avec qui ils ont travaillé au cours du mandat finissant. Autant que lui, ils partagent le bilan. En termes de résultats positifs que de résultats moins positifs.

Le deuxième aspect est que financièrement, les ministres semblent plus en mesure de mener une véritable campagne. Non pas parce qu’ils ont la possibilité de puiser dans les caisses de l’Etat, mais parce que leur fonction les prédispose à pouvoir bénéficier de soutiens tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

Malheureusement, cette situation n’est pas sans créer des frustrations. Certains des députés actuellement en poste voudraient bien retrouver leur siège après le 22 novembre. Ce qu’ils ne pourront pas, parce que les positionnements tels qu’ils sont signalés sur les listes ne le leur permettront pas. Dans la plupart des provinces, la bataille sera très rude. Si bien qu’il n’est pas évident que les partis de la majorité actuelle s’en sortent avec un score à la soviétique.

En outre, la plupart des partis politiques qui ont accompagné le président Kaboré ne mobilisent plus comme par le passé. A l’exercice du pouvoir, le langage n’étant plus le même, les militants pensent avoir été trahis et pourraient sanctionner dans les urnes certains d’entre eux.

C’est dans ce contexte politique assez incertain que les uns et les autres se présenteront devant les électeurs. Qui, seuls auront la lourde responsabilité de choisir le nouveau personnel politique qui va diriger le Burkina Faso pendant les cinq prochaines années. Pourvu que cela se passe dans la transparence, dans l’équité et dans le respect mutuel.

Dabaoué  Audrianne  KANI

 

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