Installations anarchiques autour des écoles : le coup de balai de Laabal à Bobo

Dans le cadre de l’embellissement de la ville, la Brigade Laabal a procédé au déguerpissement de commerces installés autours des établissements scolaires de la ville de Bobo-Dioulasso. Cette opération rentre également en exécution d’une décision gouvernementale.

 

Les installations anarchiques autour des écoles à longtemps existé comme un fléau à la peau dure. Ces aménagements faisaient des écoles des ghettos, où sont menées toutes sortes d’activités, et autres commerces répréhensibles. C’est pour éradiquer les nuisances incompatibles avec l’éducation et la formation des jeunes, et surtout marquer l’avènement d’un esprit nouveau, que cette opération est rendue nécessaire. L’opération de déguerpissement de la Brigade Laabal permet de débarrasser les bordures des écoles des commerces anarchiquement installés. Elle est saluée par certains acteurs. Karambiri, commerçant de pièces détachées à côté de l’école primaire publique « Accart Ville Sud », se réjouit de l’initiative en insistant sur le fait que la construction de la patrie commence d’abord par un citoyen souverain et intègre. Il affirme être conscient des conséquences, des installations autour des établissements scolaires, mais le moment choisi pour déguerpir n’est pas propice. «On devrait d’abord être avisé du déguerpissement et recevoir un ultimatum, chose qui n’a pas été faite», se désole-t-il. Il affirme être père de six enfants et deux femmes qu’il nourrit grâce à son commerce, mais cette opération de déguerpissement l’oblige à ramasser ses marchandises pour la maison et bonjour le chômage.

Une opération salutaire

  1. Karambiri reconnait toutefois que la mesure vise à offrir un meilleur cadre d’apprentissage aux élèves et de meilleures conditions de travail aux enseignants. Selon l’article 7 du code pénal portant protection du domaine scolaire, «aucun établissement ni aucune activité de nature à nuire ou perturber directement ou indirectement les activités scolaires ne peut se tenir à l’intérieur ou à proximité des espaces scolaires ». Aussi, dans l’article 8 il est stipulé qu’«aucun établissement ni aucune activité de nature à porter atteinte à la santé, à l’intégrité morale ou à influencer négativement le développement psychique des apprenants ne peut se tenir à l’intérieur ou à proximité des espaces scolaires». Aussi, la décision gouvernementale stipule qu’en cas de violation des dispositions du présent chapitre, le directeur de la structure éducative privée est tenu d’aviser la direction provinciale en charge de l’éducation sur la base d’un rapport circonstancié dans un délai de quatre 04 jours ouvrables. Une ampliation est faite au maire de la commune sur le territoire dans laquel est située la structure éducative. L’article 17 portant protection du domaine scolaire stipule qu’en cas de besoin, l’autorité habilitée peut requérir la puissance publique pour faire cesser l’atteinte portée au domaine scolaire. L’opération de la Brigade Laabal pourrait aussi s’inscrire dans cette dynamique. Les commerçants sont invités à prendre toutes les dispositions pour procéder, eux-mêmes, à l’enlèvement de leurs installations, afin que les opérations d’assainissement se déroulent sans dommages.

Assita TRAORE/Stagiaire