De nouveau présente sur les étals des marchés, la patate douce s’invite de plus en plus dans les habitudes alimentaires des consommateurs. Vendue sous différentes variétés et à des prix variables, elle constitue une source de revenus pour les commerçants. En cette période favorable à sa commercialisation, vendeurs et vendeuses profitent de l’affluence des clients. Entre activité génératrice de revenus et aliment apprécié des Bobolais, la patate douce occupe une place de choix sur les étals.
À l’entrée ouest du marché de fruits et légumes, une foule autour des camions se fait apercevoir. Pendant que certains déchargent la patate douce des camions, d’autres la conditionnent dans des sacs pour ensuite la proposer aux grossistes. Aux alentours, vendeurs et vendeuses ayant déjà été servis prennent place devant leurs étals pour commencer la vente. Les tubercules sont soigneusement disposés dans des seaux. À première vue, ils se semblent. Mais en s’approchant, la différence saute aux yeux. Certaines présentent une chair blanche, d’autres une couleur jaune, tandis que les patates à chair orange affichent une teinte plus vive. Assise derrière son étal, Sali Ouattara accueille les clients avec attention. Elle est à sa deuxième décennie dans la vente de la patate douce. « Cela fait 20 ans que je vends de la patate douce. Je la commercialise en saison. Actuellement le marché est stable mais comme c’est le début je ne peux m’en réjouir assez. Je dispose la patate dans des seaux de 1000 FCFA, 1500 FCA et 2000 FCFA. Il y a aussi des tas de 500 FCFA », explique-t-elle tout en montrant les différentes variétés exposées devant elle. Selon Sali, les lieux d’approvisionnement sont le Mali et les villages de Orodara. Mais actuellement, les tubercules présents sur le marché sont du Mali, car la production locale n’est pas encore prête.
Trois variétés, une même demande
Quelques mètres plus loin, Adama Traoré s’affaire autour de ses produits. Ici, il ne propose qu’une seule variété. Les clients s’arrêtent, observent les tubercules, les prennent en main avant de demander le prix. « Je vends la patate douce depuis 5 ans maintenant. Je vends uniquement la patate blanche car mes clients l’apprécient et ça marche bien. Le sac est à 30000 FCFA et je vends le seau à 1000 FCFA », a- t-il laissé entendre.
Pour les vendeurs, cette diversité permet de répondre aux préférences des consommateurs. Certains recherchent une variété précise pour la cuisson, d’autres se contentent de choisir selon la taille, l’aspect ou le prix.
Un peu plus loin, Awa Barro et Sanata Diabaté vendent ensemble. L’activité ne laisse guère de répit. Les deux femmes sont installées derrière leurs tas de patates douces. Elles interpellent les passants, répondent aux clients et surveillent leur marchandise. Selon elles, l’activité est rentable. « La couleur orange coûte 2500 FCFA le seau et 1000 FCFA pour la couleur blanche. Les clients viennent selon ce qu’ils aiment et ce qu’ils peuvent acheter », affirment-t-elles. La scène se répète presque chaque jour durant cette période de commercialisation. Les vendeuses espèrent écouler leur stock avant la fin de la journée, tandis que les consommateurs recherchent un produit à la fois accessible et facile à préparer.
Au-delà de son aspect commercial et de son goût, le tubercule possède également des qualités nutritionnelles intéressantes.
La patate douce est une source de glucides, qui fournissent de l’énergie à l’organisme. Elle apporte également des fibres, utiles au bon fonctionnement du système digestif. Les variétés à chair orange sont particulièrement connues pour leur richesse en bêta-carotène, que l’organisme peut convertir en vitamine A. Cette vitamine contribue notamment au maintien d’une bonne vision et au fonctionnement normal du système immunitaire. La patate douce contient aussi différents minéraux et vitamines, notamment du potassium et de la vitamine C, avec des teneurs variables selon les variétés et les modes de cuisson.
À Bobo-Dioulasso, derrière les paniers et les bâches des vendeurs, ce tubercule raconte donc bien plus qu’une simple activité commerciale. Il fait vivre des producteurs et des commerçants, alimente les marchés et trouve sa place dans les assiettes. Blanche, jaune ou orange, la patate douce profite de sa saison pour s’imposer, une fois encore, comme un produit aussi accessible que nourrissant, dont les vertus pourraient contribuer davantage à la diversification alimentaire des ménages.
Latifa DONDBZANGA
Rose KORO
(Stagiaires)
