Nomination de DG à la SN-SOSUCO, qui a induit le Conseil des ministres en erreur ?

Tout devait aller très vite comme ça a, apparemment, été préparé. Le mercredi 07 février 2024, le Conseil des ministres nomme Séraphin Dembélé au poste de nouveau Directeur général de la Société nouvelle-Société sucrière de la Comoé (SN-SOSUCO). Le lendemain jeudi 8 février, le Secrétaire général informe l’actuel Directeur général de cette nomination et lui précise que la passation de service aura lieu, le mardi 13 février. L’actuel Directeur général a seulement deux jours ouvrables pour préparer la passation de service. Il lui est même demandé que tous les documents de passation soient « pris au préalable en vue de permettre la tenue de cette cérémonie à la date indiquée ».
Sauf que le même jour (8 février date de la lettre du Secrétaire général du ministère du Développement industriel, du Commerce, de l’Artisanat et des Petites et moyennes entreprises), le Président Directeur général de SUCRE PARTICIPATION, répond au ministre et lui signifie que la nomination du nouveau DG ne peut prospérer et que par conséquent, la cérémonie de passation de service ne pourra avoir lieu. Pourquoi ? SUCRE PRODUCTION est toujours le détenteur majoritaire des actions de la SN-SOSUCO. De ce fait, la nomination d’un quelconque Directeur général lui revient de droit. Autrement dit, l’Etat burkinabè s’est contenté de dénoncer une convention mais n’a pris, jusqu’à présent, aucune autre disposition pour racheter les parts détenues par l’actionnaire majoritaire et qui ont fait l’objet de la dénonciation.
En effet, le 25 octobre 2023, le Conseil des ministres avait dénoncé la convention qui lie l’Etat burkinabè au partenaire majoritaire qu’est SUCRE PARTICIPATION, détenue majoritairement par Industrial Promotion Services West Africa IPS (WA). Puis, plus rien apparemment. Quand bien même une réunion « consacrée notamment à la valorisation de SN-SOSUCO » a eu lieu le 29 janvier et à l’issue de laquelle « les représentants d’IPS (WA) et de SUCRE PARTICIPATION ont fait part de notre volonté de mettre en œuvre dans les meilleurs délais les cadres et modalités du rachat ordonné de notre participation tel que cela semble souhaité par l’Etat, et notamment qu’un accord soit trouvé sur la valorisation de cette entité », aucune suite n’a été donnée au dossier.
Qu’est-ce donc à dire ? Comment le Conseil des ministres a pu nommer un DG dans de telles conditions ? Pourquoi une telle précipitation alors que tout porte à croire que l’actionnaire majoritaire est dans de bonnes dispositions pour rendre ses parts à l’Etat ? La nomination d’un nouveau Directeur général était-elle le plus urgent ? La cérémonie de prise de service a été reportée à une date ultérieure. Ça fait brouillon, tout ça !
Quand on se rappelle de la nomination du nouveau Directeur général de l’ONEA qui avait, elle aussi, fait couler beaucoup d’encre et de salive, il y a lieu pour le gouvernement de prendre des dispositions pour la nomination des Directeurs généraux, notamment ceux des sociétés d’Etat. Pour ne pas donner raison à ceux qui pensent qu’il s’agit de récompenses et de mainmises.

Dabaoué Audrianne KANI

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