Sénégal: « coup d’Etat » au processus électoral !

« J’ai signé le décret n°2024-106 du 3 février 2024 abrogeant le décret n+2023-2283 du 29 novembre 2023 portant convocation du corps électoral ». Et le président Macky Sall mit un coup d’arrêt, ce samedi 3 février 2024, à la surprise générale au processus d’élection du président de la République qui était en cours et dont la campagne électorale devait s’ouvrir le lendemain, dimanche 4 février 2024. Le comble, est qu’en prenant une telle décision, Macky Sall n’a ni consulté les concernés (acteurs politiques et forces vives notamment) ni précisé à quel date le processus reprendra. Macky Sall n’a fait qu’abroger le décret qu’il avait pris en novembre pour convoquer le corps électoral. Du coup, le Sénégal se retrouve dans l’impasse, pour ne pas dire dans l’incertitude car personne ne sait à quelle période l’élection du président de la République aura lieu.
En effet, les raisons avancées par le président sénégalais ne trouveront pas de réponses de sitôt. D’abord, l’enquête ouverte par le parlement contre deux juges du Conseil constitutionnel, soupçonnés de corruption par Amadou Ba, le candidat de Macky Sall lui-même, ne sera pas close dans moins d’un mois. Ensuite, la bi-nationalité de la candidate Rose Wardini, découverte après la publication de la liste définitive vient mettre davantage le doute sur la crédibilité de la sélection des candidats à la présidentielle. Quand on sait que plusieurs candidats écartés avaient décrié le processus de sélection, le président Macky se donne raison.
Si officiellement le président sénégalais soutient vouloir éviter une crise qui pourrait être liée au processus électoral, il crée en même temps une autre crise qui, elle, est institutionnelle. Selon des observateurs, c’est la toute première fois qu’un scrutin présidentielle est reporté au Sénégal. N’ayant pas donné de délai ni de date de la reprise du processus, c’est à juste titre qu’on peut se demander ce qui adviendra après la fin officielle du mandat du président le 2 avril 2024.
Si le président Macky Sall maintient sa décision de ne pas briguer un troisième mandat comme il l’avait annoncé en juillet dernier, il doit aussi quitter le pouvoir après le 2 avril, date officielle de la fin de son mandat. Car, à cette date, il y aura vacance de poste de président de la République conformément à l’article 39 de la Constitution sénégalaise qui stipule qu’en « cas de démission, d’empêchement définitif ou de décès, le président de la République est suppléé par le président de l’Assemblée nationale. Celui-ci organise les élections dans les délais prévus à l’article 31 » (45 jours francs au plus et 30 jours francs au moins avant la date de l’expiration du mandat du président de la République en fonction). Puisque, après le 2 avril, Macky Sall ne devrait plus être le président du Sénégal. Ce qui va ouvrir la voie à toutes les contestations. Notamment au sein de l’opposition et de certains observateurs, défenseurs de l’Etat de droit. Macky n’a donc fait que remplacer une crise par une autre, puisqu’il n’a fait que la reporter.
Dabaoué Audrianne KANI

« J’ai signé le décret n°2024-106 du 3 février 2024 abrogeant le décret n+2023-2283 du 29 novembre 2023 portant convocation du corps électoral ». Et le président Macky Sall mit un coup d’arrêt, ce samedi 3 février 2024, à la surprise générale au processus d’élection du président de la République qui était en cours et dont la campagne électorale devait s’ouvrir le lendemain, dimanche 4 février 2024. Le comble, est qu’en prenant une telle décision, Macky Sall n’a ni consulté les concernés (acteurs politiques et forces vives notamment) ni précisé à quel date le processus reprendra. Macky Sall n’a fait qu’abroger le décret qu’il avait pris en novembre pour convoquer le corps électoral. Du coup, le Sénégal se retrouve dans l’impasse, pour ne pas dire dans l’incertitude car personne ne sait à quelle période l’élection du président de la République aura lieu.
En effet, les raisons avancées par le président sénégalais ne trouveront pas de réponses de sitôt. D’abord, l’enquête ouverte par le parlement contre deux juges du Conseil constitutionnel, soupçonnés de corruption par Amadou Ba, le candidat de Macky Sall lui-même, ne sera pas close dans moins d’un mois. Ensuite, la bi-nationalité de la candidate Rose Wardini, découverte après la publication de la liste définitive vient mettre davantage le doute sur la crédibilité de la sélection des candidats à la présidentielle. Quand on sait que plusieurs candidats écartés avaient décrié le processus de sélection, le président Macky se donne raison.
Si officiellement le président sénégalais soutient vouloir éviter une crise qui pourrait être liée au processus électoral, il crée en même temps une autre crise qui, elle, est institutionnelle. Selon des observateurs, c’est la toute première fois qu’un scrutin présidentielle est reporté au Sénégal. N’ayant pas donné de délai ni de date de la reprise du processus, c’est à juste titre qu’on peut se demander ce qui adviendra après la fin officielle du mandat du président le 2 avril 2024.
Si le président Macky Sall maintient sa décision de ne pas briguer un troisième mandat comme il l’avait annoncé en juillet dernier, il doit aussi quitter le pouvoir après le 2 avril, date officielle de la fin de son mandat. Car, à cette date, il y aura vacance de poste de président de la République conformément à l’article 39 de la Constitution sénégalaise qui stipule qu’en « cas de démission, d’empêchement définitif ou de décès, le président de la République est suppléé par le président de l’Assemblée nationale. Celui-ci organise les élections dans les délais prévus à l’article 31 » (45 jours francs au plus et 30 jours francs au moins avant la date de l’expiration du mandat du président de la République en fonction). Puisque, après le 2 avril, Macky Sall ne devrait plus être le président du Sénégal. Ce qui va ouvrir la voie à toutes les contestations. Notamment au sein de l’opposition et de certains observateurs, défenseurs de l’Etat de droit. Macky n’a donc fait que remplacer une crise par une autre, puisqu’il n’a fait que la reporter.

Dabaoué Audrianne KANI

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