
S.K a comparu devant le tribunal correctionnel de Bobo-Dioulasso, le mardi 31 mars 2026. Il est poursuivi pour avoir vendu des terres rurales appartenant à sa famille.
Les faits se sont déroulés successivement en 2024 et en 2025 à Kouentou, un village rattaché de la Commune de Bobo-Dioulasso. Il ressort du dossier que S.K a vendu quelques hectares de terres de la propriété familiale. En effet, S.K avait quitté le village pour aller à l’aventure en Côte d’Ivoire où il a passé près de 20 ans. De retour à Kouentou, son village natal, il a délimité une portion de terre appartenant à la famille pour vendre. La famille a tenté de régler l’affaire à l’amiable, mais a dû faire face à des menaces de la part de S.K. Elle a fini par porter l’affaire devant la justice. S.K est interpellé et poursuivi pour des faits de stellionat.
À la barre
Le prévenu n’a pas reconnu les faits. Il a expliqué aux juges que son père était au courant lorsqu’il vendait les terres. « J’ai vendu les terres, certes. Nous sommes allés chez le chef de village signer les documents. J’ai pris l’argent et j’ai remis au vieux, mon père ici présent », a-t-il déclaré. Son père, un octogénaire, était présent à l’audience. Dans son témoignage, le vieillard a fait savoir aux juges qu’il n’était au courant de rien concernant la vente de ses terres contrairement à ce que dit son fils. Le vieux a éclairé le juge en expliquant qu’il a partagé ses terres à ses enfants en fonction de lignée de chaque femme pour qu’ils exploitent. « Je ne les leur ai pas partagées individuellement. J’ai deux femmes, et les enfants issus de chaque femme disposent d’une portion de terres. Et S.K, lui, a pris l’initiative de vendre mes terres sans mon autorisation «, a affirmé le père du prévenu. Un grand frère du prévenu a donné sa part de vérité. « Le prévenu est mon petit frère. Il a dévasté mes anacardiers pour pouvoir vendre les terres. Il est très belliqueux. Toute la famille a peur de lui. Il a eu à frapper un membre de la famille avec une hache. Moi-même, si je le vois venir je suis obligé de prendre la clé des champs », a-t-il laissé entendre.
Des questions au prévenu
À combien de personnes vous aviez vendu les terres? « À trois personnes », répond-il. Qui étaient vos témoins ? « Des gens du village », affirme-t-il.
À l’audience, deux personnes ont reconnu avoir effectivement acheté des terres avec S.K. Dans leurs déclarations, ils ont précisé qu’il leur a fait comprendre que les terres lui appartenaient. Et que c’est après avoir acquis les terrains qu’ils se sont rendus compte que lesdites terres ne sont pas sa propriété, mais plutôt celle de son père.
Réclamations civiles
Le grand frère du prévenu s’est constitué partie civile. Il dit avoir subi un préjudice suite à la destruction de son champ d’anacardiers. Il réclame à ce titre, la somme de 2 millions F CFA. Le père du prévenu, quant à lui, réclame ses terres. Il a regretté le comportement de son fils. « Il a fui aller en Côte d’Ivoire à l’aventure. Il est revenu bredouille au village. Arrivé, ce sont mes terres qu’il a coupées vendre. Il ne fait rien de bon si ce n’est voler », regrette son père.
Réquisitions
Le parquet a estimé les faits de stellionat sont constitués. Le procureur a révélé que le prévenu a déjà été condamné à 18 mois de prison pour des faits de recel. Pour le ministère public, il faut donc lui donner une sanction exemplaire tout en requérant contre lui une peine d’emprisonnement de 24 mois dont 18 ferme et une amende de 500 000 F CFA ferme. L’avocat de la défense a plaidé non coupable. Pour lui, il y a doute sur la propriété des terres. Il demande à ce qu’on relaxe son client. Le dossier est mis en délibéré pour le 14 avril 2026.
Ben Alassane DAO