Les ministères en charge de l’Enseignement de base et de l’Enseignement secondaire ont présenté, le jeudi 28 mai 2026 à Ouagadougou, les grandes orientations des examens scolaires session 2026. Face à la presse, les autorités éducatives ont dévoilé les statistiques, le calendrier ainsi que les principales innovations destinées à renforcer la transparence, l’inclusion et la crédibilité du système éducatif burkinabè.
Selon le ministre en charge de l’Enseignement de base, le Certificat d’études primaires (CEP) enregistre 341 732 candidats contre 338 593 en 2025, soit une augmentation de 3 139 candidats. Les épreuves se dérouleront du 2 au 4 juin 2026 dans 1 886 centres de composition. L’organisation du CEP mobilisera 590 jurys, 7 148 salles de classe et plus de 56 000 acteurs. Les résultats de l’entrée en sixième sont attendus le 18 juin prochain. Dans le secondaire, le Brevet d’études du premier cycle (BEPC) connaît également une progression avec 218 049 candidats inscrits contre 206 216 en 2025, soit une hausse de plus de 11 000 candidats. Les compositions se tiendront dans 1 582 centres.
Le retour des candidats dans certaines localités sécurisées
Parmi les innovations majeures de cette session figure la réouverture de plusieurs centres d’examens fermés depuis plus de huit ans à cause de l’insécurité. Cette mesure permettra à des milliers d’élèves déplacés de composer à nouveau dans leurs localités d’origine. Les autorités y voient un signe encourageant du retour progressif de l’administration et des services sociaux dans certaines zones autrefois affectées par la crise sécuritaire.
L’éducation civique désormais évaluée au CEP
Autre changement important : l’introduction de l’éducation civique comme matière évaluée au CEP. Cette réforme vise à renforcer l’apprentissage des valeurs citoyennes, du civisme et du patriotisme chez les élèves dès le primaire. Le ministère a également annoncé l’intégration complète de l’évaluation certificative des langues nationales dans le Système intégré de gestion des examens et concours (SIGEC). Cette mesure devrait améliorer la transparence et la fiabilité du processus. L’éducation non formelle affiche d’ailleurs une forte progression avec 41 434 candidats inscrits dans 22 langues nationales, soit une hausse de 22 % par rapport à l’année précédente. Parmi eux figurent près de 12 000 candidats libres, notamment des enseignants et des agents de la fonction publique.
Vers plus de transparence dans l’organisation
Les autorités éducatives ont aussi procédé à plusieurs réformes organisationnelles. Désormais, le tirage et la reproduction des sujets du CEP seront assurés directement dans chaque région afin de réduire les délais et renforcer la sécurisation des épreuves.
Le logiciel SIGEC permettra également d’éviter les doubles réquisitions des agents mobilisés pour les examens. Le système applique désormais le principe du renouvellement annuel d’un tiers des acteurs afin de promouvoir plus d’équité et de transparence dans les désignations. L’inclusion scolaire constitue également une priorité cette année. Grâce au SIGEC, les besoins spécifiques des candidats vivant avec un handicap sont pris en compte dès l’inscription pour adapter les conditions de composition.
Plus de 105 000 candidats au baccalauréat
Au niveau du secondaire et de la formation professionnelle, 373 631 candidats sont inscrits aux différents examens et certifications, dont 212 450 filles. Le baccalauréat session 2026 totalise 105 944 candidats répartis dans 333 jurys. Une légère baisse des effectifs a été observée comparativement à 2025. Selon les autorités, cette tendance s’explique par l’orientation progressive des apprenants vers les filières techniques et professionnelles. Les examens de l’enseignement technique et professionnel enregistrent quant à eux 30 456 candidats contre 26 625 l’année précédente. Le ministère a aussi annoncé une révision prochaine des coefficients de certaines matières au baccalauréat afin de favoriser l’introduction progressive de nouvelles disciplines valorisant davantage les réalités nationales. Pour l’organisation des examens scolaires 2026, le gouvernement mobilise d’importants moyens financiers. Le ministère de l’Enseignement de base bénéficie d’un budget de plus de 9,2 milliards de FCFA, tandis que celui de l’Enseignement secondaire dispose de plus de 18,6 milliards de FCFA. Le calendrier global des examens et certifications s’étendra du 5 mai au 22 septembre 2026 avec la mobilisation de plus de 55 000 agents pour le secondaire et la formation professionnelle.
Aymeric KANI
