Autant le dire: décidemment l’ordre et la discipline ne sont pas dans nos habitudes !

C’est peu de le dire. Certains Burkinabè (et ils ne sont malheureusement pas les moins nombreux) n’ont pas encore compris le sens de la discipline et de l’ordre que nous devons observer dans nos comportements à chaque instant. Deux faits pour l’illustrer.

A Ouagadougou, des Burkinabè ont manifesté et ont même voulu marcher sur le commissariat de police pour exiger la libération d’un imam interpellé pour des propos inconvenants. Il est sûr que certains d’entre ceux qui étaient dans la manifestation ne savaient même pas les raisons pour lesquelles cet imam a été interpellé. Aussi, il suffisait tout simplement d’aller à l’information afin de comprendre les tenants et les aboutissants. Certainement que cela aurait évité la manifestation et les gaz lacrymogènes employés par les policiers pour la disperser. Si ce n’est pas de l’indiscipline et du désordre, ce n’est pas loin de cela.

Force reste à la loi, dit-on. Quand il y a une situation telle que celle de l’interpellation de l’iman Kindo, on cherche toujours à comprendre et non pas à s’opposer par la force à la force publique. Qui, en réalité, est là pour nous protéger tous, y compris ceux qui manifestent parfois dans le désordre et l’indiscipline leur mécontentement. Il faut que les Burkinabè le comprennent : sans l’ordre et la discipline, la vie serait une véritable jungle où le plus fort domine le plus faible.

A Bobo-Dioulasso, les vendeurs de moutons ont bravé la décision de l’autorité interdisant la vente des animaux dans les rues. Malgré cela, des revendeurs se sont installés dans des rues, d’autres autour d’une maternité, pour vendre leurs moutons. Des rues libérées de leurs occupants anarchiques suite à l’opération de déguerpissement organisée par la brigade Laabal, ont été encore anarchiquement occupées. Contrevenant ainsi à cette mesure et contribuant ainsi à l’insalubrité et aux nuisances dans la ville. L’autorité aurait pu sévir pour les en empêcher, mais elle a laissé faire. Ce qui ne constitue pas une faiblesse. Mais, un appel à tous que l’ordre et la discipline doivent régner. Cela concerne aussi le respect des décisions de l’autorité. Car contrevenir à la décision de l’autorité, c’est de l’indiscipline et ça fait désordre.

On ne cessera de le dire et de le répéter. Le Burkina Faso est notre pays. Il est le seul bien que nous avons en commun. Personne d’entre nous n’est au-dessus du pays. Aucune religion, aucune ethnie, aucune communauté, aucun groupe d’individus n’est au-dessus du Burkina Faso. Des lois ont été votées ; et nous devons tous nous y soumettre. Au cas contraire, la force publique sera toujours présente, que ce soit sous ce régime ou sous un autre, pour nous rappeler nos obligations. C’est comme cela que ça se passe dans tous les pays du monde.

Le développement, le bien-être et le vivre-ensemble que nous prônons à chaque moment, pendant nos prières, ne peuvent se réaliser tant qu’il n’y pas l’ordre et la discipline. Même les prières ne se font pas dans le désordre. D’ailleurs, tous les prophètes recommandent la discipline et l’ordre dans tout ce que nous faisons. Alors !

Dabaoué Audrianne KANI