Salon de la mangue 2026 : la mangue burkinabè en quête de souveraineté économique

La Maison de la Culture de Bobo-Dioulasso a abrité, du 24 au 25 juillet 2026, la 5e édition du Salon de la Mangue (SAMA). Organisé par la Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso en partenariat avec l’Association Professionnelle de la Mangue du Burkina Faso, elle était placée sous le thème : « Vers une souveraineté agro-alimentaire : bâtir une filière mangue compétitive par la transformation, la logistique et le financement ».

 

Le Salon de la Mangue (SAMA) vise deux objectifs, celui de renforcer la compétitive des entreprises de la filière mangue sur les marchés nationaux et internationaux. Il s’adresse également aux producteurs, transformateurs, exportateurs et acteurs de la recherche de la filière mangue au Burkina Faso. La cérémonie d’ouverture lancée par la gouverneure de la région du Guiriko, Mariama Konaté/Gnanou, a réuni les acteurs de la filière mangue au Burkina Faso. Selon la gouverneure qui a porté la voix des Ministres en charge de l’Agriculture et du Commerce, le SAMA est devenu au fil des éditions un cadre privilégié de rencontre, de concertation, de promotion commerciale et de développement de partenariat. Elle a laissé entendre que cette initiative portée par la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso en collaboration avec l’Association pour la promotion de la mangue du Burkina (APROMAB), la grappe mangue de Bobo-Dioulasso (GRAMABO) ainsi que l’ensemble des acteurs de la filière de la mangue, mérite d’être saluée pour leur engagement constant en faveur de la promotion d’une filière qui compte fortement à la diversification de l’économie du pays.

 

360 000 tonnes de mangues produites par an

 

« La mangue constitue aujourd’hui l’une des principales spéculations fruitières de notre pays. Avec une production annuelle de 360 mille tonnes, le Burkina Faso confirme son statut de grand producteur de mangue en Afrique de l’Ouest. La filière génère chaque année entre 15 à 17 milliards de FCFA de recettes d’exportation et procure près de 63 800 emplois directes, contribuant ainsi à l’amélioration des conditions de vie de milliers de producteurs, de transformateurs et de commerçants », a fait savoir la gouverneure. Roland Achille Sow, Président de la délégation spéciale consulaire CCI-BF de renchérir, que la mangue est devenue un levier majeur de l’économie de notre pays. « Elle contribue à créer des emplois pour les jeunes et les femmes. Elle dynamise nos territoires et participe au rayonnement économique de notre pays. Aujourd’hui encore et plus qu’hier, la mangue symbolise à la fois le potentiel du secteur agricole et les ambitions industrielles de notre pays. C’est donc dire que la filière mangue regorge d’importants atouts », a-t-il souligné.

 

Burkina Faso, premier exportateur de mangues séchées

 

Selon la gouverneure, « les efforts consentis ces dernières années ont permis au Burkina Faso de devenir aujourd’hui, le premier exportateur africain de mangues séchées faisant de notre pays une référence continentale dans ce domaine ». Elle a souligné que ces performances sont le résultat de la détermination, du professionnalisme, de la persévérance ainsi que de la capacité d’innovation de l’ensemble des acteurs de la filière mangue.

 

Les défis confrontés

 

Cependant la filière mangue connait de nombreux défis auxquels elle est confrontée, notamment le faible taux de transformation locale de la production nationale estimé à environ 30%, les importantes pertes poste-récoltes provoquées par les attaques des nuisibles, le coût élevé de l’énergie qui affecte la compétitivité des entreprises. A cela s’ajoutent l’accès insuffisant aux équipements et aux technologies modernes de transformation, la faible qualité de la logistique pour le conditionnement, les difficultés d’accès aux financements adaptés aux besoins des acteurs des différents maillons de la chaine et de la valeur du produit. « Il est de bon ton de s’unir aux acteurs pour réfléchir ensemble, passer en revue l’ensemble de ces difficultés pour trouver des solutions appropriées afin de permettre à la filière de continuer à se développer et d’apporter énormément sa contribution au développement de notre pays », a fait savoir Seydou Tou, Directeur général de la CCI-BF.

Estelle Wende Mi KOUTOU