
Que ce soit une mutinerie, un mouvement d’humeur, une rupture avec le règlement militaire ou une tentative de coup d’Etat, ce qui s’est passé au Niger dans la nuit du 28 au 29 août 2026 est la preuve que les peuples du Sahel doivent rester très vigilants et solidaires. L’ennemi tentera toujours, par tous les moyens, de reprendre la main et de se venger. Pour ce faire, il se servira toujours et encore de valets locaux pour tenter d’assouvir ses intérêts. Comme il l’a toujours fait au Niger, au Mali et au Burkina Faso. Heureusement qu’il a toujours échoué. Si à l’évidence on ne peut pas empêcher l’ennemi d’avoir des velléités déstabilisatrices, il faut tout de même travailler à les minimiser davantage.
La lutte engagée par les peuples du Sahel, unis au sein de la Confédération de l’Alliance des Etats du Sahel (Confédération-AES), sera longue et semée de beaucoup d’embûches. Aussi, exige-t-elle de chacun de nous un engagement fort et réel, une détermination sans faille et une solidarité à toute épreuve. L’indépendance, on ne l’acquiert pas dans des salons feutrés. Mais sur le terrain du combat. La souveraineté, on ne la cueille pas comme une mangue mûre. C’est une lutte perpétuelle. La dignité, on l’arrache des mains de l’ennemi. C’est ce que les Forces de défense et de sécurité ont fait, à Niamey. En opposant une détermination féroce et engagée aux forces rétrogrades qui ont malheureusement choisi de nager à contre-courant de la marche du peuple nigérien vers le progrès et le développement.
Ce qui s’est passé au Niger dans cette nuit du 28 au 29 août interpelle aussi bien les dirigeants du Niger que ceux du Mali et du Burkina Faso et l’ensemble des peuples de ces trois pays. L’intention funeste de l’ennemi n’est toujours de s’attaquer à un seul pays et à un seul peuple, mais à l’ensemble de la communauté sahélienne. Car, si le Mali, le Niger ou le Burkina sombre dans un quelconque chaos (touchons du bois), tout l’échafaudage de la Confédération-AES tombera. C’est cela l’objectif : mettre fin à la lutte d’indépendance et de souveraineté engagée par les trois pays et s’octroyer de nouveau les ressources dont regorgent nos sous-sols. Et nous replonger dans la pauvreté. Ce n’est donc pas le Niger seul qui est concerné, mais l’ensemble des pays du Sahel. Y compris ceux qui ne sont pas dans la Confédération-AES.
Aussi, tous ceux qui pensent que ce qui se passe au Niger ne concerne que les Nigériens, doivent se détromper immédiatement. Si le Niger n’est pas en paix, ce n’est pas seulement le Burkina Faso et le Mali qui en souffriront parce qu’ils sont dans l’AES. Ce sera l’ensemble des pays de l’Afrique de l’Ouest, et même au-delà. C’est dommage qu’on n’ait pas enregistré une seule déclaration venant d’aucune autre organisation sous-régionale et qui condamne l’agression contre le Niger. En tout cas jusqu’au moment où nous tracions ces lignes.
On peut ne pas aimer le Général Abdrahamane Tiani, le Capitaine Ibrahim Traoré ou encore le Général Assimi Goïta, les politiques qu’ils mènent ou encore les idéologies qu’ils défendent. Mais, on a l’obligation d’être solidaire des peuples du Sahel. Que Tiani, Goïta et Traoré sont venus trouver. Et qui survivront à eux.
Dabaoué Audrianne KANI