Autant le dire : rentrée scolaire, la traite des vendeurs de places

Dans une semaine exactement, les élèves reprendront le chemin de l’école. En attendant, ce sont les parents qui sont préoccupés. Car, en plus des fournitures, du moyen de déplacement (pour ceux qui en ont les moyens), des fournitures scolaires, il y a surtout les frais de scolarité mais aussi et surtout les places en fonction des choix des parents et de l’élève lui-même. C’est dans ce “wourou+wourou” presque généralisé où chacun se cherche, qu’il y a ces petits malins dont c’est la période de traite. Une bonne occasion pour se faire de l’argent et beaucoup d’argent. Sur le dos des parents, mais très  souvent aussi sur le dos des promoteurs, proviseurs ou directeurs d’établissements. Ces petits malins, ce sont les vendeurs de places. Vous avez des difficultés pour trouver une place dans un établissement de votre choix, ils sont prêts à vous “aider”. Seulement, il faut payer. Ces petits malins se recrutent malheureusement au sein même de certains établissements, notamment publics. Là, certains enseignants bénéficient d’une ou de deux places pour leurs enfants. Et quand ils n’ont pas d’enfants, ils vendent leurs places. Ce n’est pas normal. D’ailleurs de quel droit un enseignant doit-il bénéficier d’une ou de deux places dans un établissement ? Si c’est parce qu’il y enseigne, c’est dangereux. Parce que si tous les travailleurs du Burkina devaient bénéficier d’avantages là où ils travaillent, le Burkina Faso pourrait-il s’en sortir ? Surtout si chacun devait revendre plus cher ses avantages parfois…indus.

La question qui se pose est de savoir si les mesures de plafonnement des frais de scolarité prises par le gouvernement seront respectées par les responsables d’établissement, mais aussi par les parents et les vendeurs de places ? Difficile de répondre par l’affirmative quand on sait ce qui se passe sur le terrain. Mais que faire ?

Tout comme la corruption, ce phénomène de la vente des places dans les établissements publics ou privés, a la peau dure. Chaque année, les organisations de lutte contre la corruption dénoncent. Des indélicats sont traduits devant la justice. Malgré tout, le phénomène prend chaque année davantage de l’ampleur. A dire que le changement qu’on réclame à tous les niveaux, semble impossible ?

Les Burkinabè veulent le changement, mais ils ne veulent pas changer. Ils veulent le développement de leur pays, mais ils.ne veulent pas emprunter le chemin qu’il faut pour y arriver. Ils veulent que la vie soit moins chère, mais ils sont les premiers à la rendre chère. Chacun veut l’argent, tout de suite et maintenant. Peu importe les moyens utilisés. Ça ne marche pas !

Dabaoué Audrianne KANI