
Une nouvelle étape vient d’être franchie dans le renforcement des compétences médicales au Burkina Faso. Huit médecins, dont sept Burkinabè et un Nigérien, ont officiellement achevé leur formation en infectiologie, entièrement réalisée sur le territoire national. Cette première promotion constitue une avancée importante dans la consolidation des capacités nationales en médecine spécialisée.
La cérémonie officielle de sortie s’est tenue le samedi 26 septembre 2026 sur le site de l’Institut des sciences de la santé (INSSA) de l’Université Nazi Boni, à Bobo-Dioulasso. Elle a connu la présence de Dr Adjima Combary, Directeur de cabinet, représentant le ministre de la Santé, de Dr Alfred Ouédraogo, ministre-conseiller en charge des questions de santé auprès de la Présidence du Faso, ainsi que du Pr Hassan Bismarck Nacro, président de l’Université Nazi Boni, représentant le ministre chargé de l’Enseignement supérieur. Durant cinq années de formation, ces huit médecins ont été préparés à la prévention, au diagnostic, à la prise en charge et à la surveillance des maladies infectieuses. Une formation adaptée aux réalités sanitaires du Burkina Faso et, plus largement, de la sous-région. Pour Dr Alfred Ouédraogo, cette première promotion constitue une « fierté énorme » et traduit une avancée concrète vers la souveraineté sanitaire. Il a souligné l’importance de disposer de spécialistes capables de faire face à l’émergence et à la réémergence des agents pathogènes. « Nous formons nous-mêmes nos infectiologues, nous contextualisons notre formation au regard des pathologies, des pathogènes que nous avons », a-t-il souligné. Selon lui, la formation de spécialistes sur le territoire national permet de mieux prendre en compte les réalités sanitaires locales. Elle contribue également à renforcer la capacité du pays à anticiper et à répondre aux crises sanitaires, dans un contexte marqué par l’apparition régulière de nouveaux agents pathogènes et de maladies infectieuses. Le ministre-conseiller a, par ailleurs, appelé les nouveaux spécialistes à placer le patient et l’intérêt général au cœur de leur engagement, avec éthique, probité, rigueur et sens du devoir.
Une première pour l’Université Nazi Boni
Pour Pr Hassan Bismarck Nacro, cette promotion constitue une première pour le Burkina Faso. La formation d’infectiologues entièrement sur le territoire national traduit, selon lui, la capacité croissante du pays à développer ses propres compétences spécialisées. Il a notamment relevé la particularité de cette spécialité d’infectiologie tropicale, dont les enseignements tiennent compte des réalités sanitaires des différentes zones climatiques. « Il n’est plus besoin d’envoyer des médecins se former dans cette spécialité à l’extérieur », a-t-il fait remarquer. L’Université Nazi Boni entend poursuivre l’accompagnement de ces spécialistes à travers la formation continue et le renforcement des capacités, afin de consolider les acquis de cette première expérience.
Prêts à servir les populations
Coordonnateur de la formation, le médecin-colonel Armel Poda a prodigué des conseils de bonne conduite aux nouveaux spécialistes. Il les a invités à exercer leur métier avec abnégation, détermination, éthique et sens du devoir, au service des populations. Représentant les impétrants, Dr Rainatou Boly a exprimé la fierté de cette première promotion. Elle a assuré que la formation reçue leur permettra de répondre aux différents défis sanitaires qui se présenteront à eux. Les huit nouveaux infectiologues entendent ainsi mettre leurs compétences au service des populations, notamment dans la prévention, le diagnostic, la prise en charge des maladies infectieuses et la lutte contre les épidémies. Avec cette première promotion, le Burkina Faso franchit un nouveau cap dans la formation de ses propres spécialistes en infectiologie. Au-delà de la cérémonie de sortie, cette promotion symbolise une ambition : former au Burkina Faso les compétences dont le Burkina Faso a besoin pour mieux protéger sa population et renforcer durablement sa souveraineté sanitaire.
Aymeric KANI