Bobo-Dioulasso : un récidiviste vole une voiture, puis réclame 380 000 F CFA à la victime pour la lui « retrouver »

Un apprenti mécanicien de 26 ans, récemment sorti de prison, a été interpellé après avoir volé un véhicule et réclamé 380 000 F CFA à son propriétaire en échange d’informations permettant de le retrouver. La Police nationale du Guiriko a présenté les circonstances de cette affaire lors d’une conférence de presse tenue le lundi 19 octobre 2026 à Bobo-Dioulasso.

Selon le commissaire principal de police Soumaïla B. NOMBRE, commissaire central de police de Bobo-Dioulasso, les faits remontent au 11 octobre 2026, vers 21 heures. Le commissaire a été alerté par un camarade, S.M., qui venait de constater le vol de son véhicule au secteur n° 4 de la ville de Bobo-Dioulasso . Des instructions ont aussitôt été données à la Brigade de recherches et d’intervention (BRI) pour identifier et interpeller le ou les auteurs présumés.

D’après les premiers éléments de l’enquête, S.J., âgé de 26 ans, passait vers 20 heures devant un débit de boissons du quartier Kôkô, au secteur n° 4, lorsqu’il a aperçu le véhicule de S.M., stationné au bord de la voie avec une portière mal fermée. Il s’est alors rendu dans un garage voisin, où il a dérobé la clé d’un véhicule. De retour sur les lieux, il a démarré la voiture à l’aide de cette clé avant de la dissimuler au secteur n° 16, à Sainte-Étienne, pour échapper aux recherches.

 

Une fausse identité pour réclamer 380 000 F CFA

 

Le lendemain, 12 octobre, S.J. s’est rendu dans une boutique d’un opérateur de téléphonie mobile pour se procurer une carte SIM. Afin de dissimuler son identité et de compliquer les investigations, il a utilisé la carte nationale d’identité burkinabè (CNIB) d’une tierce personne, dérobée trois jours auparavant avec un portefeuille. Vers 8 heures, il a envoyé un message à la victime, dont il avait obtenu le numéro grâce à un carnet d’épargne laissé dans le véhicule. Il lui a réclamé 380 000 F CFA en échange d’informations permettant de retrouver la voiture, lui accordant un délai de trois heures.

Un piège tendu par les enquêteurs

La victime a aussitôt transmis le message aux enquêteurs. Une réquisition adressée à l’opérateur de téléphonie mobile a permis d’obtenir l’identité du titulaire de la ligne. Avant l’expiration du délai, le suspect a relancé la victime pour réitérer sa demande d’argent. Les enquêteurs ont alors mis en place une stratégie qui a conduit le suspect à se présenter physiquement. Il a été interpellé vers 17 heures. Lors de son interrogatoire, il a d’abord nié les faits, affirmant qu’un inconnu lui avait demandé de déposer le carnet. Cependant, les policiers avaient déjà identifié le numéro utilisé. En fouillant les alentours de la station, ils ont également découvert que le véhicule avait été laissé à distance et que le suspect était revenu à pied. Confronté à ces éléments, il a fini par reconnaître les faits. Parallèlement, un autre groupe d’enquêteurs a interpellé le titulaire de la CNIB utilisée pour acquérir la carte SIM. Celui-ci a été libéré après que son absence d’implication dans le vol a été établie.

Un apprenti mécanicien récemment sorti de prison

Apprenti mécanicien, le mis en cause a déclaré avoir mis ses connaissances à profit pour voler le véhicule. Il l’a conduit sans permis avant de tenter d’extorquer de l’argent à son propriétaire. Il venait par ailleurs d’être libéré de la Maison d’arrêt et de correction de Diébougou. Les policiers ont saisi une Mercedes 190, un téléphone portable contenant le numéro utilisé pour contacter la victime, la carte SIM correspondante ainsi que la CNIB ayant servi à acquérir la puce. Le suspect sera présenté au procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso pour les faits présumés de vol de véhicule, de conduite sans permis et d’usage frauduleux de l’identité d’autrui.

La Police appelle à la vigilance

Saluant la collaboration des populations, le commissaire a invité les propriétaires et les usagers de véhicules à faire preuve de vigilance lors du stationnement. Il leur a notamment recommandé de vérifier la fermeture des portières, de sécuriser les dispositifs de démarrage et de ne laisser à bord ni objets de valeur ni documents personnels.

 

Estelle Wende Mi KOUTOU