Pénurie d’hydrocarbure à Bobo :“Il n’y a pas de quoi s’inquiéter”

 

 

À Bobo-Dioulasso, Ouagadougou, et d’autres villes du Burkina Faso, la semaine écoulée été marquée par un manque d’hydrocarbure dans plusieurs stations-services. Chose qui a occasionné le passage du DG de la SONABHY sur le plateau de nos confrères de la télévision nationale, le jeudi 20 février 2025.

 

Il est peu après 12h lorsque nous franchissons le poste de contrôle de la SONHABY de Péni distant de plus de 30 km de Bobo-Dioulasso, notre point de départ. Des citernes en attente de ravitaillement à perte de vue. La question de problèmes de ravitaillement des stations-services semble relever de l’histoire. Si des citernes gros-porteurs de 45 000 l et plus sont déjà en position pour le ravitaillement, les chauffeurs des petites citernes, quant à eux, sont regroupés pour régulariser les derniers documents avant de se positionner pour être ravitaillés. C’est dans cette ambiance que nous rencontrons Ousmane, (nom d’emprunt), un chauffeur de petite citerne qui nous parle des malentendus survenus ces derniers jours. Pour lui, tout est parti du problème de mesures mécanique et numérique du ravitaillement des citernes.

«Le T est l’ancien instrument de mesure (une barre de fer en forme de T et graduée). Il est toujours en vigueur dans les stations. Il consiste à faire la mesure à travers cet instrument appelé T. Mais, la SONABHY ne travaille plus avec ça. Elle a un nouveau système qui est numérique avec lequel la capacité normale sort au niveau du compteur donc, s’il y a un manquant, c’est signalé. C’est ce que des conducteurs disent ne pas vouloir, car s’ils arrivent dans les stations, la mesure avec le T indique des manques. C’est cette situation qui avait occasionné le manque de carburant», nous confie Ousmane. Toujours selon ce dernier, « une fois, nous sommes venus depuis le matin jusqu’à 14h, et c’est en ce moment on a été informés qu’il n’y a pas de bon ni de ticket. Nous sommes donc repartis . Une réunion a été faite à Ouagadougou entre les transporteurs qui se sont accordé sur le « T » mais, le gouvernement n’est pas d’accord pour cette mesure et préconise la mesure électronique ». Si pour l’heure les discussions sont toujours en cours selon Ousmane, il nous confirme que « le ravitaillement des stations-services a repris et il n’y a pas de quoi s’inquiéter par rapport à une pénurie d’hydrocarbure».

Pour le Directeur général de la SONABHY qui s’est entretenu avec nos confrères de la RTB, les transporteurs sont opposés au système de dépotage électronique qui répond aux normes internationales, au détriment du dépotage manuel qui est obsolète et qui cause d’énormes pertes à l’État. «Notre priorité est d’assurer la disponibilité des produits pétroliers à l’ensemble des consommateurs dans les mesures de sécurité internationale. Nous avons maintenu le dialogue avec les transporteurs ainsi que la sensibilisation, car nous savons que toute transition est difficile», fait comprendre Aimé Wendpanga Nongkouni, Directeur général de la SONABHY.

Aymeric KANI

Annais PAKOTOGO