AN 5 du putsch manqué : « Notre volonté n’est pas de voir des militaires en prison… », dixit Christophe Lompo, président de l’association des blessés du coup d’Etat

16 septembre 2015-16 septembre 2020. Voilà 5 ans jour pour jour que le Général Gilbert Diendéré, à la tête du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), confisquait le pouvoir. Pour marquer ce triste anniversaire, l’association des blessés du coup d’Etat a animé une conférence de presse le 16 septembre 2020 pour dénoncer entre autres, l’attitude du gouvernement qui, selon elle, les a oubliés.

L’association des blessés du coup d’Etat de 2015 déplore cette attitude du gouvernement

Les condamnations issues du procès du coup d’Etat manqué restent en deçà des attentes de l’association des blessés du coup d’Etat. C’est ce qu’a indiqué son président, Christophe Yenikierba Lompo, lors d’un face à face avec la presse. Toute chose qui a conduit l’association à interjeter appel contre cette décision. Les raisons selon Christophe Lompo, ce n’est pas de voir des militaires en prison, mais de les aider à se corriger et à accepter que la démocratie a des règles d’accession au pouvoir, la voie des urnes. De l’avis du Secrétaire général de l’association, Issiaka Héma, « il faut une réconciliation nationale. Cela passera par un dialogue franc et une indemnisation des victimes. Les gens sont tombés certes, mais le Burkina Faso doit continuer d’avancer. Pour nous, à un moment donné, il faut qu’on se parle, qu’on décide de tourner la page pour inscrire une nouvelle histoire de notre pays ». Pour ce faire, l’association interpelle le gouvernement à mettre tout en œuvre pour que dans les délais raisonnables, toutes les victimes soient indemnisées conséquemment afin de leur permettre de passer à « autre chose ». Le président de l’association explique que « la condamnation des seuls militaires ne permet pas d’indemniser les victimes à hauteur du milliard. Nous savons tous quels sont leurs revenus. Le gouvernement devrait s’assumer en débloquant les sommes issues de la condamnation par le tribunal militaire pour permettre d’apaiser tant soit peu les victimes de ce putsch ». L’association a également lancé un appel à la réconciliation nationale afin de permettre une bonne cohésion nationale. Pour cela, elle invite le Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN) à prendre la pleine mesure des taches qui lui sont confiées, contribuer à la création de conditions favorables à la réconciliation nationale, à l’unité nationale et à la cohésion sociale, gages de paix et de stabilité pour un développement durable.

Aïcha TRAORE

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