I.E est commerçant de profession domicilié à Bobo-Dioulasso. De nationalité étrangère, il est marié et père de trois enfants. Le parquet du TGI de Bobo-Dioulasso l’a poursuivi pour avoir escroqué ses compatriotes filles.
Selon le dossier, le Procureur du Faso a poursuivi le nommé I. E pour avoir usé de manœuvres frauduleuses afin de soutirer de l’argent des filles qui se trouvent être ses compatriotes. Ce dernier aurait fait comprendre à ces filles qu’il était en relation avec le Procureur du Faso et qu’il peut intervenir pour les faire libérer. Selon les enquêteurs, le montant total perçu par le mis en cause s’éleverait à 630 000 F CFA. C’est donc sur la base de ces faits que le Parquet l’a placé sous mandat de dépôt pour escroquerie conformément à l’article 613-3 du code pénal.
Il a comparu à l’audience du 29 août 2025. À la barre, le prévenu a nié les faits qu’on lui reproche. Il dit n’avoir jamais posé aucun acte pour escroquer ses compatriotes filles. Le prévenu a affirmé avoir agi dans l’intention de les aider à regagner leur pays d’origine et non pour les escroquer. « J’ai demandé à ce qu’elles cotisent pour payer leur transport. C’est ce que j’ai fait. Je n’ai bouffé même 5 F CFA de leur argent », a-t-il fait savoir. Pendant l’instruction à la barre, le juge lui a demandé de savoir ce qu’il a avancé comme argument pour qu’on lui remette de l’argent. Face à cette question, le prévenu est resté muet. « Pourquoi alors vous avez dit aux filles que vous avez des relations avec le Procureur pour les faire libérer ? » a questionné le juge. « Je n’ai jamais dit ça monsieur le juge « , a-t-il confié. «Vous vivez au Burkina depuis combien de temps ? » Il dit qu’il vit ici depuis 20 ans mais que c’est en 2011 qu’il a quitté Ouagadougou pour rejoindre Bobo-Dioulasso, où il est domicilié actuellement. Pour la manifestation de la vérité, deux témoins ont comparu devant le tribunal. Le premier est le président de leur communauté à Bobo-Dioulasso. Il a témoigné qu’il ne connaît pas I. E dans des histoires d’escroquerie. « Je n’ai jamais appris qu’il a escroqué quelqu’un. C’est entre temps qu’on m’a appelé à la gendarmerie pour dire qu’on a arrêté des filles de notre communauté et qu’on devrait trouver une solution pour leur rapatriement », a-t-il témoigné. Le deuxième témoin est le trésorier de la même communauté à Bobo-Dioulasso. Il a affirmé qu’un jour on l’a appelé à la gendarmerie qu’on « a pris des filles de notre communauté qui doivent être rapatriées. C’est après trois mois que j’ai appris que l’affaire est arrivée en justice ». Après les débats contradictoires, le ministère public a estimé qu’il n’y a rien dans le dossier qui montre que le prévenu a fait usage de manœuvres frauduleuses pour soutirer de l’argent. Par conséquent, il a requis la relaxe du prévenu. L’avocat du prévenu a plaidé non coupable. Pour lui, il n’y a pas d’élément de preuves pour engager sa culpabilité. Le tribunal l’a finalement relaxé pour infraction non constituée.
Ben Alassane DAO
