Isidore Yougbaré Burkinabè vivant au Cameroun : « Je soutiens le coup d’Etat, mais je ne suis pas contre Roch »

Ils sont 500 voire 1000, les jeunes Burkinabè vivant au Cameroun, évoluant dans divers secteurs d’activités. Regroupés au sein de l’Association des jeunes Burkinabè au Cameroun dont Isidore Yougbaré en est le président pour un troisième mandat. Depuis le Cameroun, ils suivent avec beaucoup d’intérêt ce qui se passe au pays. Ainsi nous avons échangé avec le président de l’association sur les évènements au pays et leurs attentes. Ce que l’on peut retenir, c’est qu’ils sont d’accords avec le coup d’Etat mais pour eux, le plus important c’est l’intérêt supérieur de la nation.

 L’actualité au Burkina Faso est marquée par le coup d’Etat militaire, en tant que Burkinabè de l’extérieur comment vous vivez cette situation ?

Pour moi, le coup d’Etat était prévisible. Quand on regarde le départ de Blaise Compaoré, on se dit que ceux qui l’ont fait partir, n’ont pas préparé en conséquence de cause son départ. Ils devraient préparer l’après Blaise. Ce qui n’a pas été le cas. C’est pour cette raison que nous faisons face au terrorisme dans notre pays. Sans mentir, l’insécurité au Burkina Faso nous fait très mal, nous qui sommes au Cameroun. Nous avons fait un effort pour cotiser de l’argent pour venir en aide aux personnes déplacées internes dans notre pays. La raison de ce coup d’Etat est très profonde, le gouvernement même de Roch Marc Christian Kaboré était divisé. Nous l’entendons à l’extérieur du pays. Nous souhaitons que l’armée qui vient de prendre le pouvoir aille à la rencontre de la population. Et avec cette population, ils vont s’organiser pour lutter contre l’insécurité au pays.

Vous affirmez que c’était prévisible, est ce qu’en termes clairs vous soutenez le coup d’Etat ?

Moi, je soutiens le coup d’état, mais ça ne veut pas dire que je suis contre le président Roch Marc Christian Kaboré. Mais lui, il devrait penser qu’il a travaillé dans le gouvernement au temps de Blaise Compaoré. Personnellement ce qui me choque, comment il n’a pas pu apprendre comment Blaise gérait le pays pour qu’il y ait la paix.  Maintenant il n’arrive plus à contrôler la situation. Je pense que le coup d’état était prévisible. Ici il n’y a pas une réunion qu’on commence sans prier pour la paix pour notre pays.

Qu’est ce que vous attendez de ceux qui sont au pouvoir maintenant ?

Nous souhaitons simplement qu’ils partent à la réconciliation des fils et des filles de notre pays. Ils doivent faire rentrer tous les exilés politiques pour qu’ensemble, nous puissions parler d’une seule voix et bouter l’insécurité de notre pays. Il faut qu’une nouvelle ère commence au Burkina Faso où chaque déplacé retournera chez lui. S’il y avait l’unité, le terrorisme n’allait pas pouvoir s’installer dans notre pays. Les exilés politiques doivent rentrer pour qu’on lave le linge sale en famille. Dans ce sens, la Guinée Conakry nous a donné un bel exemple. Notre pays est placé au cœur de la CEDEAO, nos ennemis ont besoin de déstabiliser le Burkina Faso pour gagner le territoire Ouest africain. Donc, c’est pour nous un principe que les nouvelles autorités du pays doivent savoir.

Propos recueillis

A Yaoundé

Par Firmin OUATTARA

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