Autant le dire … :Ah ! Cet “Albinos noir’’ du Capitaine Ibrahim Traoré

Depuis sa dernière sortie au cours de laquelle le Capitaine Ibrahim Traoré nous a dit qu’on verra bientôt un “Albinos noir” apparaitra mais que pour l’instant de ne pas lui demander ce que c’est, les spéculations vont bon train. Chacun y va de ses élucubrations en tentant de donner des explications ou du moins le sens de ce que le Capitaine a voulu dire par “Albinos noir” que nous verrons bientôt apparaître.

On peut même dire, au risque de se tromper, que l’Albinos noir est devenu un sujet de débat pour ne pas dire une question nationale, puisque ça préoccupe les Burkinabè. Ce qui est curieux c’est qu’aucun de nos grands traditionalistes, de nos dozos, de nos trésors humains vivants, de nos grands griots, de nos grands devins, de nos sociologues, anthropologues et grands historiens ne s’est hasardé à nous donner une quelconque explication qui convainque. Alors que certainement, le Capitaine n’a pas inventé cette représentation de “l’Albinos noir” que nous verrons bientôt. Ce qui veut dire que nous devons vraiment retourner à nos sources, allez apprendre encore auprès des quelques personnes âgées qui détiennent encore des savoirs africains. On pourrait comprendre et accepter que des Occidentaux se questionnent sur le sens de “l’Albinos noir” qui paraîtra bientôt et non des Africains, encore moins des Burkinabè.

Les proverbes, les formules de représentation ou encore les métaphores africains sont tellement nombreux et pleins de significations qu’ils constituent un langage non pas seulement des aînés ou des initiés, mais une source de savoirs que tout bon Africain doit apprendre. Au moment où nous avons sonné la cloche du retour à nos sources, l’occasion est belle pour nous d’apprendre aux jeunes générations notre africanité, ce qui fait de nous des Africains ou des Burkinabè authentiques et qui nous diffère des autres sur le plan sociologique, culturel et anthropologique. Les proverbes et formules métaphoriques africains sont des éléments de langage utilisés pour dire autrement ce qu’on veut dire. Il suffit de savoir décoder pour comprendre. C’est à peu près comme les contes africains à la fin desquels il y a toujours une morale à tirer. C’est un moyen d’enseignement et d’éducation. Il nous faut donc nous réapproprier nos valeurs, notre culture y compris nos éléments de langage typiquement africains. Les “Albinos noirs”  existent bel et bien. Les sages le savent. En attendant, on va attendre qu’apparaisse bientôt “l’Albinos noir” du Capitaine Ibrahim Traoré.

Dabaoué Audrianne KANI