Autant le dire… : chaque Burkinabè doit avoir sa médaille !

Trois cent soixante-dix Burkinabè, issus de presque toutes les couches socio-professionnelles ont été décorés hier dans les deux ordres de l’Etalon et du Mérite burkinabè, à la Grande Chancellerie où s’est personnellement déplacé le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré avec, à ses côtés, le Premier ministre et les membres du gouvernement. Les décorations, à l’occasion du 11 décembre, se font habituellement à la présidence du Faso, sous la présidence du chef de l’Etat. En acceptant de les délocaliser désormais et de les organiser effectivement dans l’enceinte de la Grande Chancellerie, le Président du Faso veut donner à cette institution toute son importance et à la cérémonie toute sa solennité et son caractère symbolique d’un Burkina Faso engagé et déterminé, mobilisé et résilient pour l’atteinte des choix stratégiques qu’il a faits pour son avenir.

Une cérémonie sobre et solennelle. Au regard du contexte national actuel, il ne pouvait en être autrement. Si la médaille commémorative est la reconnaissance du service rendu à la nation, elle est aussi et surtout un engagement, un serment que le récipiendaire doit faire de servir davantage son pays. C’est en cela qu’elle doit avoir toute son importance. Une médaille n’est pas faite pour être offerte à des amis ; elle n’est pas faite pour être portée seulement sur une poitrine. Elle doit être portée dans le cœur de celui qui la porte car, c’est là-bas que se trouve sa véritable place.

Il est nul doute que ceux qui l’ont portée hier, et ceux qui la portent déjà la méritent amplement. Ils ont servi le Burkina Faso, à un moment donné ou à un autre ; dans un domaine ou dans un autre, d’une manière ou d’une autre. Dans les régions, d’autres décorations seront faites dans les jours à venir. On en aura également dans certaines institutions ou ministères. Tous ceux-là sont des méritants qui doivent faire mieux et inspirer ainsi d’autres Burkinabè à travailler eux aussi pour avoir une médaille. Car, un médaillé est un exemple, au sens vrai du terme.

C’est en cela aussi que la médaille ou la décoration à un autre sens et une autre importance : un catalyseur de performances. Compris comme tel, on peut dire que chaque Burkinabè doit avoir sa médaille. Parce que chaque Burkinabè est capable de s’engager, de se mobiliser et d’exceller dans le domaine dans lequel il sait faire quelque chose. On le fait d’abord pour soi-même, ensuite pour les autres et son pays.

Car la vraie médaille, c’est la satisfaction qu’on tire personnellement pour avoir fait un bon travail pour soi-même d’abord. Quand on est satisfait de soi-même, c’est que les autres sont satisfaits parce que, indirectement, on a fait quelque chose pour eux et par ricochet pour son pays. Au moment où le Burkina Faso est dans un contexte de refondation dans tous les secteurs, les Burkinabè n’ont certainement pas besoin qu’on leur demande de s’engager pour la construction de leur patrie. Il est sûr que chacun de nous veut apporter sa pierre à l’édification de notre pays, sans attendre en retour quoi que ce soit. Et si une médaille advient, c’est tant mieux. Cerise sur le gâteau. Envahissons donc les nombreux chantiers du développement de notre pays. Car en plus, il y a des médailles dedans !

Dabaoué Audrianne KANI