Autant le dire : donc on pouvait réaliser toutes ces infrastructures en si peu de temps !

Quand on constate toutes ces belles routes qui sont en construction actuellement à Bobo-Dioulasso, on est plus que fier. Car enfin, Bobo-Dioulasso va disposer de belles rues à l’intérieur de la ville. Quand on constate également les caniveaux qui sont en construction dans des secteurs où les inondations étaient très fréquentes en saison des pluies, on est également fier et heureux. Il en est de même quand, en quelques années seulement, le pont de Hérédougou a été construit et  inauguré le vendredi 19 juin, c’est une joie immense. C’est le cas dans plusieurs localités du pays où des infrastructures scolaires, sanitaires, des routes et des ouvrages de franchissement (ponts) sont en érection ou en réhabilitation. L’exemple de l’autoroute Bobo-Ouagadougou est là pour nous le démontrer.

A l’intérieur des villes, on remarque également qu’avec l’Agence Faso Mêbo, des rues sont en reprofilage tandis que de nombreux espaces de repos et de divertissement sont en construction. Ce, après le déguerpissement de nombreux étalagistes et boutiquiers qui y étaient anarchiquement installés. Du coup, on s’aperçoit que les rues de nos villes sont bien larges et peuvent accueillir des voies cyclables, des passages pour bus, des rails pour train et métro. Autrement dit, la construction de nos villes est bien pensée mais ce sont les installations qui ne répondaient à aucune norme dans des villes qu’on veut modernes.

Au constat de tout cela, la question qui vient tout de suite à l’esprit est celle de savoir pourquoi n’avons-nous pas réussi à faire tout ça depuis plus de 60 ans que nous sommes indépendants ? Sans doute qu’on va accuser le système politique qui nous a longtemps liés au colonisateur pour expliquer ces retards de développement. Mais, en vérité, il faut que nous acceptions d’assumer notre part de responsabilités. Remettre tout ou presque sur le dos de l’impérialisme, de l’exploitation que nous avons subie, c’est en grande partie ignorer que nous ne savons pas ce qui est bien pour nous et ce qui ne l’est pas.

A-t-on besoin qu’on vienne nous dire que pour être en bonne santé il faut bien manger, vivre dans un environnement saint et de pouvoir se soigner dans un centre de santé quand on est malade ? A-t-on besoin de nous enseigner que pour être en liberté et en sécurité, il faut collaborer avec les forces de défense et de sécurité, formées pour assurer notre sécurité ? Est-ce que nous avons véritablement besoin qu’on vienne nous dire que pour bâtir une nation, il faut éduquer et former les jeunes, transformer ce que nous produisons et créer des emplois ?

Qu’à cela ne tienne ! Même si on ne le savait pas, maintenant on le sait. Il ne nous reste plus qu’à nous mobiliser et nous engager fortement auprès de tous les acteurs du développement pour bâtir ensemble notre pays. Afin de le rendre beau. Parce que nous aurons créé des usines et beaucoup d’emplois ; atteint l’autosuffisance alimentaire ; créé les conditions pour des soins de santé pour tous ; rendu l’éducation gratuite et pour tous. Bref, nous aurons fait en sorte que de jeunes Burkinabè n’aient plus besoin d’aller quémander le bien-être ailleurs.

Dabaoué Audrianne KANI