Autant le dire… :faisons donc de nos religions le ferment de notre unité

C’est le Capitain Ibrahim Traoré, Président du Faso et chef de l’Etat qui le dit à l’occasion de la célébration de la Tabaski ce 6 juin 2025 : «chacun de nous devrait utiliser la religion pour nous unir plutôt que pour nous diviser ». Effectivement, si nous sommes chacun croyant, nous devons savoir que la religion n’est pas faite pour diviser, mais pour unir les communautés et les peuples. Aucune religion, en vérité, ne prône la violence, encore moins la haine contre l’autre et l’intolérance.

Toutes les religions, qu’elles soient révélées ou non, enseignent la solidarité, le vivre-ensemble et la paix entre les hommes, la cohésion sociale, la tolérance et l’amour du prochain. Sans distinction de race, d’appartenance religieuse ou d’ethnie. C’est pourquoi, il est intéressant d’entendre Cheick Abdallah Ouédraogo, imam de la mosquée de Ouagadougou dans son sermon, toujours à l’occasion de la prière marquant la fête de la Tabaski, conseiller aux guides religieux de pacifier leurs discours. Pour lui, le discours religieux doit être « axé sur le vivre-ensemble » et à être des « artisans de la paix ». Car, l’imam dit avoir fait « le constat d’une radicalisation du discours religieux ces dernières années ». En effet, ce n’est pas la première fois qu’une voix aussi importante que celle de l’imam de la mosquée de Ouagadougou s’élève pour demander à certains guides religieux de prôner la paix et le vivre-ensemble. Ce n’est pas non plus la première fois que le Président du Faso dans un message appelle les leaders religieux, toutes confessions religieuses confondues, à construire la paix et le vivre-ensemble dans leurs discours. Malheureusement, le constat qu’on peut faire sur le terrain est que le message a du mal à passer chez certains guides religieux. Qui, certainement ont leur logique de la paix et du vivre-ensemble qui ne concorde pas du tout avec celle que la majorité des Burkinabè recherchent pour leur paix. Aussi, est-on en droit de s’élever contre ces comportements partagés par quelques individus aux desseins inavoués et inviter la force publique à y mettre fin. La majorité des Burkinabè ne peut pas être en train de se battre pour construire pendant que quelques individus démolissent. S’ils ne sont pas des terroristes, ils y ressemblent. Car, le terrorisme, ce n’est pas seulement rejoindre les groupes armés terroristes, prendre les armes et tuer des personnes innocentes. C’est aussi, par le langage et la communication pour construire des ponts de méchanceté, de haine, d’intolérance et de division entre les peuples et les communautés. A ce titre, on a envie d’entendre la communauté musulmane dans sa majorité s’élever davantage contre ces individus qui salissent son nom, au nom de la religion qu’ils ont sans aucun doute très mal comprise. Chacun de nous a le libre choix de sa religion. Mais cela ne fait pas de nous des personnes opposées les unes aux autres. Au contraire, ce libre choix nous amène à nous solidariser, à fraterniser et surtout à vivre-ensemble dans la paix. Faisons donc de nos religions et de nos différences le ferment de notre unité pour vivre-ensemble et bâtir ensemble durablement notre pays.

Dabaoué Audrianne KANI